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L’économie québécoise nagera en eaux troubles en 2012 selon Robert Hogue — économiste à la RBC

L’économie québécoise nagera en eaux troubles en 2012 selon Robert Hogue — économiste à la RBC
Photo: Jean-François FecteauRobert Hogue
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Il y a deux ans, l’économiste principal de RBC Banque Royale, Robert Hogue, tenait des propos encourageant tendant vers une reprise économique. Ce matin, lors du déjeuner thématique du Conseil économique de Beauce (CEB), le spécialiste soulignait que le pays s’en était bien tiré de la récession, mais le Québec se devra de nager en eaux troubles en 2012.

« Ces troubles nous arrivent de l’extérieur de nos frontières. C’est important de bien saisir ce qui se passe à l’international », insiste l’économiste.
Selon M. Hogue, il est difficile de demeurer optimiste avec tous les risques émanant de la situation économique explosive régnant en Europe.

L’économie européenne est mal en point lorsqu’on pense notamment à la situation de plusieurs pays comme la Grèce et l’Italie pour nommer que ceux-ci. Les banques européennes connaissent aussi beaucoup de difficultés. L’Europe se dirige sans aucun doute vers une récession affirmait ce dernier. Pour se sortir de ce marasme économique, cela risquerait, selon lui, de prendre de longues années.

Au niveau de l’économie mondiale, la croissance sera lente et modeste. Les pays en émergence comme la Chine et l’Inde seront les principaux contributeurs de cette croissance mondiale positive avec des taux respectifs de 9 % et de 7,4 % chacun. Donc, la demande pour les produits de base sera bénéfique pour le pays.

Aux États-Unis, l’économie demeure fragile. Le marché de l’emploi n’a pas repris sa pleine vigueur. Puis, l’assainissement des finances publiques pourrait jouer un rôle prédominant dans la croissance du pays. Malgré tout cela, la croissance anticipée en 2012 se situera près de 2,5 %. « C’est raisonnable, mais cela demeure une économie fragile », résume l’économiste.

Il considère aussi qu’il s’agit nettement « d’une sous-performance de nos voisins du Sud ». Ces derniers affichaient un taux de croissance moyen de 3,3 % au cours des 15 dernières années avant la récession mondiale.

Pour ce qui est du Canada, il s’est bien tiré d’affaire en étant le premier pays du G7 à se sortir de la récession. Il a pleinement recouvré ce qu’il avait perdu pendant cette période. En 2011, le Canada a poursuivi sa croissance malgré certains soubresauts. L’année 2012 s’annonce aussi positive en partie.

Le rendement économique du Canada sera encore lié aux matières premières. En ce sens, de grands projets d’investissements ont lieu à travers le Canada ainsi qu’au Québec. « On s’attend à une amélioration de l’économie américaine et à un apaisement des craintes à l’échelle mondiale. Cela va faire un contexte plus propice au succès sur le marché américain. On s’attend que les exportations nettes s’ajoutent à la croissance l’an prochain, et ce, malgré en un dollar canadien qui continuera de tourner près de la parité », souligne M. Hogue.

Le huard sera toutefois toujours volatile, selon l’économiste. Il devrait terminer cette année à 96 cents. Dès l’an prochain, il pourrait atteindre la parité (1 $) en 2012 puis s’élever à 1,04 $ en 2013. « Le dollar canadien demeure un très petit joueur sur les marchés qui se faut balloter d’un côté comme de l’autre selon l’humeur des investisseurs et cela va demeurer », insiste ce dernier.

L’abondance de liquidités des entreprises, les faibles taux d’intérêt ainsi que la pression des entreprises sont aussi d’autres facteurs qui contribueront à la croissance du pays.

L’expert est d’avis que le Canada aura une meilleure situation de l’emploi et se résultera en une croissance raisonnable du revenu des ménages. Toutefois, l’endettement des Canadiens qui a atteint des sommets alarmants pourrait peser lourd sur les dépenses de consommation intérieure. Les marchés de l’immobilier et de la construction résidentielle tendent toutefois vers la stagnation.

Pour toutes ces raisons, la croissance du pays sera modeste à environ 2,6 %. Cela ne sera pas donc pas suffisant pour assurer une croissance de l’ensemble des secteurs de l’économie canadienne. « Dans cette croissance, il va y avoir des gagnants et des perdants. Ne soyez pas surpris en feuilletant le journal ou sur votre tablette électronique, de voir un bon lot de mauvaises nouvelles aussi », avance ce dernier.

La répartition de la croissance au sein des provinces sera inégale et penchera vers celles ayant une forte dépendance aux ressources naturelles, dont le pétrole et la potasse. D’ailleurs, les prévisions sont d’ailleurs plus optimistes pour les provinces du Manitoba, de Saskatchewan et de l’Alberta. Le Québec devrait connaître une croissance plus lente sous la barre des 2,6 % soit à 2,1 % en 2012 et voire même 1,8 % en 2013.

Au Québec, la forte baisse de 44 000 emplois d’octobre à novembre demeure une grande source d’inquiétude. Il s’agit de la pire performance depuis 1982. « Le Québec a mieux performé durant la crise économique, mais s’est fait rattrapé par les autres provinces », constate ce dernier.
M. Hogue s’attend à ce que le portrait du Québec soit moins reluisant que le reste du Canada en raison des risques énoncés plus haut. Il souligne que les investissements en capital sont demeurés élevés, mais que ceux du domaine public diminueront en raison du Plan québécois des infrastructures et de l’atteinte du déficit zéro du gouvernement.

La formation au service des entreprises
Caroline Bouchard du Service de la formation continue du Cégep Beauce-Appalaches a rappelé aux gens d’affaires de ne pas hésiter à faire appel aux services du Centre universitaire des Appalaches, la Commission scolaire Beauce-Etchemin et le Cégep pour la formation de leurs employés.

Cette dernière a cité trois récentes réalisations de ces institutions en lien avec les besoins du milieu des affaires. Elle a rappelé la naissance du baccalauréat en travail social au CUA, la réalisation du site Espace GPMO par la CSBE en collaboration avec Emploi Québec, et finalement un cours de son service de la formation continue sur les médias sociaux. Elle a appris qu’une troisième cohorte d’entrepreneurs bénéficiera des enseignements de son service collaboration avec IClic.

Prochain déjeuner
Le 19 janvier, la Banque de développement du Canada sera l’invité du prochain déjeuner thématique du CEB. Le sujet abordé sera intitulé : « Accélérer votre réussite grâce aux technologies de l’information».

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