La Direction de la protection de la jeunesse de Chaudière-Appalaches a traité quelque 8901 signalements au cours de l’année 2025-2026, soit une augmentation de 13 % par rapport à l'exercice précédent.
Ces données font partie du bilan annuel, rendu public ce matin par toutes les directions régionales de l'organisme pour l'ensemble du Québec.
Dans la région, 2 473 des 8 901 signalements ont été retenus pour une évaluation approfondie par la DPJ, ce qui représente une diminution de 16 %. Par conséquent, le taux de rétention des signalements est passé de 38% à 28 %.
Par ailleurs, mais sans surprise, ce sont en majorité des employés d’organismes publics (40%) qui, cette année encore, ont lancé les signaux d'alerte.
Autre élément: le milieu de vie des enfants, dont la situation a été prise en charge par la DPJ, est demeuré celui de la famille, dans 57 % des cas.
Les enfants, réellement une priorité?
À l’occasion du dépôt de ce bilan annuel, les dirigeants du réseau ont lancé un appel à la réflexion collective: faisons-nous réellement des enfants une priorité dans nos choix de société?
Au cours des dernières années, ils ont constaté une complexification des conditions, lors des interventions auprès d’enfants et de familles en situation de grande vulnérabilité, et une augmentation importante des besoins, tant chez les jeunes que pour leur famille, et ce, dans un contexte social en profonde transformation.
Selon les DPJ-DP, des données récentes témoignent de la fragilité de la santé mentale des jeunes, alors que plus de la moitié des élèves présentent des signes d’anxiété sociale, une réalité qui influence leur bien-être et leur développement, mais aussi leur réussite scolaire.
Parallèlement, le réseau de la santé et des services sociaux ainsi que celui de l’éducation doivent composer avec d’importants défis de capacité et d’adaptation. «En effet, des prises en charge tardives amènent une détérioration des situations, nécessitant ultimement des interventions beaucoup plus complexes», peut-on lire dans le bilan
C’est pourquoi, afin de «faire des enfants une priorité», les grands responsables de la protection de la jeunesse estiment qu'il faut revenir à l’essentiel en investissant dans la réponse aux besoins de base comme l’alimentation, le logement et un revenu adéquat; en consolidant les services existants; et en renforçant les interventions préventives, notamment par un soutien des milieux de vie des enfants (école, CPE etc.).
« Faire des enfants une priorité, c’est une responsabilité collective qui exige des choix courageux, des services forts et une action coordonnée autour d’eux et de leurs familles », a déclaré Caroline Brown, directrice de la protection de la jeunesse du CISSS de Chaudière-Appalaches.