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Havre l'Éclaircie commente l'utilisation de cet outil

Les bracelets antirapprochement doivent faire leurs preuves

Véronique Mercier
Photo: CourtoisieVéronique Mercier
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Beaucoup de questions se posent quant à la mise en place des bracelets antirapprochement (BAR) en contexte de violence conjugale.

La Loi 24, concernant l'utilisation de ce nouvel outil, a été adopté par le gouvernement du Québec le 17 mars et devrait faire ses premiers essais au printemps avec les prévenus jugés au palais de justice de Québec et les détenus de l'Établissement de détention de Québec.

Véronique Mercier est agente de communications au Havre l’Éclaircie à Saint-Georges, une maison d’hébergement pour les femmes et les enfants victimes de violences conjugales. De son point de vue, l’idée est bonne, mais elle doit encore faire ses preuves. EnBeauce.com s'est entretenu avec elle pour en savoir plus.

À ce jour, l’organisme n’a reçu aucune directive à propos des bracelets anti rapprochements et ceux-ci devraient arriver en région un peu plus tard dans l’année. « Ce qu’on sait, c’est que les résultats de ce projet pilote vont nous en dire beaucoup pour que l’on puisse ensuite s’ajuster. » Par là, elle entend qu’il y a plusieurs préoccupations avec ça. « Oui c’est une très belle initiative au Québec, mais il ne faut pas oublier que c'est un outil supplémentaire. En soit, le bracelet antirapprochement ne réglera pas la violence conjugale. »

Qu’est ce que c’est exactement ces bracelets ?
Les bracelets antirapprochement doivent être portés par les deux personnes concernées, la victime et l’agresseur. Chacun d’eux est ainsi géolocalisé 24 heures sur 24 et sept jours sur sept. 

L’agresseur doit le porter en permanence sur lui, tandis que la victime est plus libre de le prendre ou non, elle peut même le laisser dans sa sacoche par exemple.

Lorsque l’homme se rapproche de la femme, le bracelet sonne une première fois, en pré-alerte, auprès des deux personnes. Ensuite, s’il se rapproche encore plus du périmètre, une alarme retentit et les policiers se rendent auprès des deux parties.

Seul un juge ou un système de justice peuvent imposer la mise en place de cet outil. Cependant, son application dépend de la dangerosité de l'agresseur. Si ce dernier présente un trop grand risque pour la victime, alors l’emprisonnement serait plus approprié. 

Notons que, pour le moment, il n’y a aucun homme du territoire de Beauce-Etchemins qui porte un bracelet, « mais on sait que ça s’en vient ». 

Les questions qui se posent en région
Véronique explique les problématiques qui se posent plus en région qu’en ville. 

Elle relève notamment qu’ici, sur le territoire, la couverture cellulaire n’est pas optimale partout. Aussi, la question se pose quant au temps de réaction des policiers, car le territoire est tout de même étendu. « S’il y a un bracelet qui a une alerte, mais que le policier est à 20-25 minutes, ça peut donner un faux sentiment de sécurité à la femme. »

Le point de vue des femmes victimes
Bien que l’application de ces bracelets ne soit pas encore très connue, les avis sont un peu différents auprès des femmes victimes de violence conjugale. L'agente du Havre l’Éclaircie a indiqué que « c’est certain qu’il y en a qui se sentent plus en sécurité, mais il y en a aussi que ça peut inquiéter. » 

En effet, être géolocalisé sans arrêt peut donner le sentiment d’avoir une liberté restreinte, certaines seraient préoccupées par ça.

« Pour notre part, on sait que les hommes peuvent être très créatifs, alors on n’aimerait pas que le bracelet soit utilisé pour avoir un contrôle sur la femme. Elle pourrait s’inquiéter si ça sonne trop souvent par exemple. »

Ce projet pilote est donc essentiel pour pouvoir ensuite s’adapter à la réalité et être amélioré. 

À lire également:

Lutte contre la violence conjugale: implantantion des bracelets antirapprochement

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