Santé Québec Chaudière-Appalaches ne veut pas renouveler l'entente
Une RTF en voie de fermer ses portes à Saint-Prosper
Par Sylvio Morin , Chef des nouvelles
Une ressource intermédiaire de type familial (RTF) établie à Saint-Prosper, qui héberge cinq hommes vivant avec une déficience intellectuelle ou physique, devra fermer ses portes le 2 novembre prochain, faute de renouvellement de contrat avec Santé Québec Chaudière-Appalaches.
« C'est David contre Goliath », s'est exprimé à EnBeauce.com la co-propriétaire de la résidence, Lucette Quirion, qui opère l'installation depuis 23 ans avec son mari, Raymond Laflamme.
Tout a commencé plus tôt cette année lorsque le couple a indiqué à SQCA (la nouvelle appellation du Centre intégré de santé et de services sociaux de Chaudière-Appalaches) leur intention de prendre leur retraite et de vendre leur résidence à un nouvel opérateur de l'établissement. Les démarches ont été entreprises avec un acheteur potentiel, mais l'opération n'a finalement pas abouti.
Les conjoints ont alors décidé de continuer à opérer l'endroit, mais l'organisme gouvernemental leur a signifié qu'il n'allait pas renouveler l’entente entre les deux parties. Ce serait une non-conformité des lieux qui aurait motivé l'administrateur régional à vouloir mettre fin au contrat « On ne comprend pas. Avant la démarche (de vendre), tout était correct et maintenant, on est plus conforme ? Mais ce qui nous choque, c'est le côté inhumain de la décision alors que nos résidents vont être déracinés de leur milieu. Ils sont ici depuis 23 ans et ils ont besoin de stabilité », s'est exclamé Mme Quirion, dont les pensionnaires sont âgés entre 58 et 79 ans.
Respect des règles
Comme réponse dans ce dossier, une porte-parole de SQCA a fait savoir que son organisme n'était pas en mesure de divulguer publiquement les motifs précis ayant mené à cette décision, puisqu’ils sont couverts par des obligations de confidentialité.
« La décision de ne pas conclure une nouvelle entente relève entièrement des droits et responsabilités de l’établissement et a été prise dans le respect des cadres législatifs applicables, ainsi qu’à la suite d’un processus rigoureux. Les propriétaires de la ressource ont toutefois été informés des éléments ayant conduit à la décision et assez en amont de la date de fermeture, afin de permettre une transition ordonnée et d’assurer que l’ensemble des démarches puissent se faire adéquatement pour les usagers concernés », a écrit la relationniste Dominique Lessard, dans un message courriel.
Elle a aussi rappelé que SQCA avait la responsabilité d’assurer la conformité des milieux de vie, ainsi que la sécurité et le confort des usagers.
Les familles consternées
Les familles des résidents sont consternées et choquées de cette décision.
« Ça n'a pas de bon sens », a partagé Gaston Champagne à EnBeauce.com, lui dont le beau-frère compte parmi les pensionnaires de cette RTF. Il est d'ailleurs le représentant du comité des usagers de l'endroit.
Dans une plainte formelle qu'il a déposée au Protecteur du citoyen contre SQCA, il écrit: « Au plan éthique, ne croyez-vous pas que le titre dans lequel votre direction et vous-mêmes vous drapez, aurait mérité, il me semble, des considérations éthiques reliées notamment à une évaluation du déracinement de ces usagers et à des explications des motifs de la fermeture que les usagers etleurs familles ont le droit de connaître ? »
À ce sujet, la relationniste Dominique Lessard a fait savoir que « concernant la relocalisation des résidents, chaque personne bénéficie d’un accompagnement personnalisé. Un intervenant social est attitré à chaque résident et à sa famille afin de les soutenir tout au long du processus. Le profil des usagers est présentement en processus d’évaluation pour leur relocalisation en tenant compte de leurs besoins et de leur préférence. »
Quant aux copropriétaires, « on voudrait avoir un sursis d'au moins deux ans au contrat », a indiqué Mme Quirion à EnBeauce.com.



