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Étude du Centre hospitalier de l'Université de Montréal

On pourrait dépister le cancer du sein avec une simple prise de sang

On pourrait dépister le cancer du sein avec une simple prise de sang
Photo: La Presse Canadienne
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Une simple prise de sang pourrait bientôt permettre non seulement de dépister le cancer du sein, mais aussi d'identifier les femmes dont le risque est plus élevé, grâce aux travaux de chercheurs montréalais.

Cela permettrait d'élargir et de faciliter le dépistage de la maladie, par exemple en rejoignant les femmes des régions éloignées ou encore en évitant à certaines les désagréments d'une mammographie.

«Je suis vraiment intéressée à comprendre comment on peut mieux dépister le cancer du sein chez les jeunes femmes de moins de 50 ans, a expliqué la docteure Saima Hassan, chercheuse au Centre de recherche du Centre hospitalier de l'Université de Montréal.

«On veut mieux comprendre si on peut utiliser une prise de sang chez les femmes qui ont moins de 50 ans, moins de 40 ans ou même moins de 30 ans.»

La technologie que sont à peaufiner la docteure Hassan et ses collègues intègre une technologie laser au profilage des cellules immunitaires pour mettre au point une analyse sanguine de pointe, basée sur l’intelligence artificielle, dans le but de détecter un cancer du sein plus tôt chez les jeunes femmes.

Cette innovation survient au moment où l’Institut national d’excellence en santé et en services sociaux recommande d'intégrer au Programme québécois de dépistage du cancer du sein les femmes de 45 à 49 ans. En ce moment, seules les femmes âgées de 50 à 74 ans sont invitées à avoir une mammographie tous les deux ans.

Les experts constatent aussi, depuis quelques années, une augmentation inquiétante ― et, pour le moment, inexpliquée ― des cas de cancer du sein chez des femmes de plus en plus jeunes.

Une identification rapide et facile de celles chez qui la maladie s'est installée, ou chez qui elle risque d'apparaître au cours des prochaines années, à partir d'une simple prise de sang représenterait donc un avantage énorme.

«Il y a des femmes qui habitent loin des grands centres qui pourraient avoir accès à un meilleur (dépistage), a souligné la docteure Hassan. Et pour la mammographie, ce n'est pas un test que les femmes aiment subir... Donc un meilleur accès, mais aussi un test plus facile.»

Les chercheurs s'affairent en ce moment à comparer des échantillons prélevés chez des femmes qui ont reçu un diagnostic de cancer du sein à des échantillons provenant de femmes en santé. C'est de cette manière, a dit la docteure Hassan, qu'on «enseigne» à l'intelligence artificielle les signaux qu'elle doit rechercher.

L'IA pourrait même aller plus loin en raffinant ses analyses en fonction du profil particulier de la patiente, en tenant compte par exemple de critères comme son âge ou son ethnie, a-t-elle ajouté, ce qui s'inscrit dans le cadre du concept de «médecine de précision» qui est très en vogue depuis plusieurs années.

«L'intelligence artificielle est une approche où on est capable de mettre ensemble différents facteurs, parce qu'on aura beaucoup de facteurs différents au niveau des systèmes immunitaires, et également des éléments biochimiques, pour trouver les éléments qui sont les plus importants pour détecter le cancer du sein», a expliqué la docteure Hassan.

Mais ultimement, a-t-elle précisé, «pour avoir un diagnostic de cancer du sein et pour avoir les bons traitements, c'est sûr et certain qu'on aura toujours besoin d'une biopsie».

La rapidité de la prise de sang la placerait en première ligne, a dit la docteure Hassan, et permettrait de «stratifier les patientes» pour identifier celles dont on doit s'occuper en priorité.

Quelques années de travaux seront encore nécessaires pour permettre à la technique de faire ses preuves avant qu'elle ne soit offerte sur le terrain.

Ces travaux, auxquels participent aussi le docteur Réjean Lapointe, l'ingénieur Frédéric Leblond et l'expert en intelligence artificielle Samuel Kadoury, sont financés par la Société canadienne du cancer et la Fondation Lotte & John Hecht.

Jean-Benoit Legault, La Presse Canadienne

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