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Entrevue vidéo avec DPME

Tarifs douaniers : valse entre inquiétude et opportunités pour les entreprises de la région

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Les entreprises de Chaudière-Appalaches sont confrontées à une incertitude grandissante, alors que les États-Unis ont officialisé des tarifs douaniers de 25 % sur l’acier et l’aluminium et qu'une seconde vague est attendue le 4 mars prochain. Cette situation inquiète plusieurs manufacturiers de la région, mais pousse aussi certains à envisager des solutions alternatives.

C’est le constat dressé par Marie-Pierre Poulin, directrice générale de Développement PME Chaudière-Appalaches (DPME), et Jean-Sébastien Lussier, conseiller en commerce international et marketing, lors d’une entrevue avec EnBeauce.com.

« Les entreprises vivent beaucoup d'incertitude actuellement, notamment parce qu’elles ignorent encore comment ces tarifs s'appliqueront concrètement, a expliqué Marie-Pierre Poulin. Ce qu’on sait, c’est que ces 25 % (pour l'acier et l'aluminium) s’additionnent à un premier 25 % qui avait déjà été annoncé, ce qui rend la situation encore plus précaire pour plusieurs manufacturiers ».

Cette instabilité force les entrepreneurs à revoir leur modèle d’affaires et leurs stratégies d’approvisionnement. Jean-Sébastien Lussier souligne que certaines organisations régionales ont déjà ajusté leurs listes de prix et renégocié avec des partenaires d’affaires. « J’ai discuté avec un entrepreneur qui prend les devants et explore d’autres marchés, comme l’Australie, l’Angleterre et l’Allemagne. C’est un réflexe qui peut être bénéfique à long terme », a-t-il ajouté.

La diversification des marchés comme alternative

Si les États-Unis représentent un marché naturel pour les entreprises de Chaudière-Appalaches et de la Beauce en raison de la proximité et des similarités culturelles, DPME encourage les manufacturiers à explorer d'autres options. « Il existe des accords commerciaux avec l'Asie-Pacifique, l'Europe et l’Amérique latine qui permettent d’atténuer notre dépendance aux États-Unis. Nos entreprises doivent se diversifier », a affirmé la directrice générale.

Toutefois, la diversification ne se fait pas du jour au lendemain. Jean-Sébastien Lussier rappelle que chaque entreprise a une stratégie qui lui est propre. « Ce n’est pas une recette unique. Pour certains manufacturiers, il peut être plus simple d’exporter en Ontario qu’aux États-Unis, tandis que d’autres auront intérêt à se tourner vers l’Europe ou les Maritimes. C’est un travail de planification et d’analyse ».

Des entreprises contraintes à réagir

L’incertitude entourant les tarifs douaniers pousse certaines sociétés à prévoir des mises à pied potentielles. « Certaines compagnies anticipent des licenciements collectifs et commencent déjà à réfléchir aux délais nécessaires pour s’ajuster , précise Marie-Pierre Poulin. Cependant cette réalité n’est pas inévitable. Il y a encore des opportunités à saisir, et certaines entreprises envisagent d’automatiser davantage leurs processus pour compenser les coûts élevés ».

Jean-Sébastien Lussier insiste sur l'importance pour les acteurs du secteur de rester à l’affût des occasions d'affaires. « Il ne s’agit pas seulement de trouver de nouveaux marchés, mais aussi d’optimiser les modèles d’affaires en fonction des réalités actuelles. Certaines entreprises participent à des missions commerciales, des expositions et des missions technologiques pour mieux comprendre les opportunités à l’international ».

Face à ces défis, DPME Chaudière-Appalaches se positionne comme un acteur-clé pour guider les entreprises dans leur stratégie d'exportation. L'organisme offre un accompagnement personnalisé, des formations et un accès à des experts en commerce international. « Nous sommes là pour aider les entreprises à naviguer dans cette incertitude et à mettre sur pied des stratégies d’exportation plus résilientes », a conclu Marie-Pierre Poulin.

Alors que les entreprises beauceronnes s’adaptent à cette nouvelle réalité, une chose est certaine : leur capacité à s’ajuster et à innover sera déterminante pour l'avenir. « Celui qui sait s'adapter le plus rapidement aux changements sera celui qui s'en sortira le mieux », a insisté le conseiller en commerce international.

Vous pouvez visionner l'intégralité de notre entrevue vidéo avec Marie-Pierre Poulin et Jean-Sébastien Lussier ci-dessus. 

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