Politique

Claude Morin peu impressionné par le budget et le PQ

06 juin 2007

Le député de Beauce, Claude Morin, est loin d’être satisfait de la façon dont le budget s’est voté vendredi dernier. Le critique de l’opposition officielle en matière de revenu soutient que ce budget demeure «irresponsable» puisque le gouvernement libéral dépensera encore plus que ses revenus. «C’est comme vendre ses meubles pour faire l’épicerie», illustre M. Morin.

En fait, le dernier budget des libéraux présenté par la ministre des Finances, Monique Jérôme-Forget comprend des sommes additionnelles de 111 millions $ afin de refléter les récentes négociations entre le gouvernement et le PQ. De ces 111 millions $, 60 millions $ seront consacrés à l'amélioration des soins à domicile, 30 millions$  pour les élèves en difficulté et 21 millions $ pour la création d'emplois dans les régions ressources. Cette dernière mesure laisse un trou béant de 195 millions $ à combler lors des deux prochaines années.

Ceci s’explique à la nouvelle taxe instaurée aux entreprises pétrolières et institutions financières qui fait passer leur taux d’imposition de 9,9 % à 11,9 %. Cette hausse du taux d'imposition n'est pas nouvelle, elle a été devancée de sept mois. Cela signifie qu’à partir de janvier, les sommes d’argent découlant de cette hausse étaient déjà allouées à d'autres fins et non aux dépenses du PQ.

Stratagème douteux
À l'Assemblée nationale, le budget a été adopté à 46 voix contre 44 grâce à une entente conclue le 31 mai entre le Parti libéral et le Parti québécois pour éviter la chute du gouvernement. M. Morin a jugé irresponsables les 32 députés du Parti Québécois absents lors de ce vote. «C’est vrai que les Québécois ne voulaient pas d’élections, mais le budget est le vote le plus important de l’année. Ils ont failli à leurs devoirs de députés», qualifie-t-il.

Mise au point
Jeudi dernier, le premier ministre, Jean Charest, avançait que le député de Beauce-Sud ne s’est jamais levé à l’Assemblée nationale pour le programme des régions ressources, ce qui est totalement faux selon Claude Morin.  «Je l’ai fait à deux reprises, dont une fois au discours inaugural», rétorque-t-il.  D’ailleurs, Le Courrier parlementaire de l’Assemblée soulignait l’intervention du député beauceron. «Claude Morin, est d'avis qu'il faudra revoir un certain programme gouvernemental dont les mesures fiscales, à l'origine, étaient fondées sur de bonnes intentions. Mais ces mesures ont développé des conséquences imprévues, créant ainsi un impact négatif sur l'emploi, la production et le développement de plusieurs entreprises spécialisées particulièrement dans la circonscription de Beauce-Sud que représente M. Morin», lisait-on dans ce périodique publié le 24 mai dernier.

Alors qu’on ignore encore à quoi serviront les 21 millions $ supplémentaires accordés pour les régions ressources, M. Morin remet en question l’utilité de la commission Gagné, mise sur pied pour étudier les effets pervers de ce programme. «Nous avons déjà deux études qui le démontrent, celle des manufacturiers puis l’une de l’Institut économique de Montréal (IEDM). Je suis convaincu que la commission tirera les mêmes conclusions que ces deux études, le contraire me surprendrait beaucoup», affirme-t-il en réitérant que ce programme a coûté au minimum, 100 millions $ de contrats à des entreprises beauceronnes.

Rappelons que les régions centrales souhaitent l’abolition immédiate de la mesure fiscale relative à l’impôt zéro pour les PME manufacturières de toutes les régions et MRC ressources du Québec puis du crédit d’impôt remboursable pour les activités de transformation pour toutes les régions, excluant le Nord du Québec et Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine.