Le comité exécutif de l’Association du Parti québécois de Beauce-Sud est sorti de son silence pour la première fois depuis le dépôt du projet de loi no 2 le 24 mars dernier. Dans un communiqué de presse envoyé ce matin, le comité dit partager « la volonté et le désir des Beaucerons de voir se compléter l’autoroute 73 dans les plus brefs délais, mais choisit la règle de droit pour l’atteindre ».
Maintenant que l'adoption du projet de loi sera voté sous peu, le PQ juge sage d’intervenir aujourd’hui afin de commenter le débat concernant le dossier du prolongement de l’autoroute 73, entre Beauceville et Notre-Dame-des-Pins. « Bien entendu, il aurait été facile pour nous de répondre point par point à toutes les arguties et faussetés soulevées par certains grands prêtres du développement régional beauceron. Nous ne l’avons pas fait parce que nous savions que, dans le contexte qui animait le débat à ce moment-là, nos propos n’auraient pas été entendus. C’est donc volontairement et après mûre réflexion que nous avons choisi de laisser les adeptes de la politique politicienne beauceronne s’époumoner les uns après les autres », citait le comité dans le communiqué.
Favorable, mais…
Le Parti québécois du comté de Beauce-Sud se dit favorable au prolongement de l’autoroute 73, à quatre voies, et ce, jusqu’à la frontière américaine. Ce projet était inscrit dans leurs programmes électoraux du parti lors des deux dernières élections de 2007 et 2008. Cependant, le PQ du comté de Beauce-Sud dans ce dossier favorise l’option qui « privilégie le respect de la règle de droit. Le dossier étant présentement devant les tribunaux, l’État québécois n’a pas à se substituer aux tribunaux en changeant subitement les règles du jeu par l’adoption d’une loi spéciale ou extraordinaire. Que les tribunaux se prononcent d’abord. Car ne l’oublions pas, le Québec est une société de droits, libre et démocratique et la démocratie tolère difficilement les lois spéciales ou extraordinaires. »
Aux dires du comité exécutif du PQ qui comprend notamment André Côté, son président, l’adoption d’un tel projet de loi serait un « grave impair » digne de la période de la « Grande noirceur». Les administrateurs du PQ soulignent aussi que l’adoption par le Parlement québécois du projet de loi numéro 2se veut de « camoufler les nombreuses erreurs de procédures faites par le gouvernement de Jean Charest dans ce dossier. Il suffit ici de rappeler la décision du juge Corriveau de la Cour supérieure du Québec qui a dû invalider le décret de 2009 en raison de « l’oubli » des officiers du gouvernement de donner avis à la Commission de protection du territoire agricole du Québec (CPTAQ) qu’elle était dessaisie du dossier de l’autoroute 73. »