Politique

Le retour des ombres

05 mai 2009

L’histoire de notre nation est composée de grands moments et de grandes réalisations, mais aussi de moments plus sombres et d’échecs pénibles. Présentement, nous vivons probablement l’une des pires crises économiques que le monde ait connu depuis les 100 dernières années. Nos différents gouvernements, soit provincial et fédéral, ont accouché d’un plan de relance qui crée en moi une certaine inquiétude. Plusieurs questions me hantent présentement : qui paiera la note des grands déficits? Est-ce que les plans de relance contribueront à remettre notre nation en marche? Allons-nous vraiment bien nous positionner afin de stopper l’hémorragie et être prêts pour ce que deviendra l’économie d’après-crise?

Par Éric Lachance

Si une chose est certaine présentement c’est que l’économie mondiale ne sera plus ce qu’elle était avant. Les nouveaux barèmes économiques et la situation environnementale font en sorte que nous devons prendre un virage important et je ne vois pas, qui de la classe politique actuelle, aura le courage et la vision de changer les choses.

Thomas Edison a inventé l’ampoule avant qu’il y ait un réseau électrique. Il a passé des années à tester des milliers de substances différentes provenant du monde entier, même s’il savait que personne ne pourrait utiliser l’ampoule qu’il était en train de créer. Il n’a pas attendu qu’une compagnie installe un réseau électrique, ou que son projet soit logique, avant de se lancer… Il a pris les devants et il s’est laissé guider par sa « folie », qui était aussi son génie. Il portait son attention sur la réalité potentielle, et non sur la réalité actuelle.

Jusqu’où pourrions-nous aller si l’État prenait des décisions en fonction non pas de ce qui est concret et visible, mais de ce qu’il sentait être possible? Vivre dans le futur est une fuite qui peut nous empêcher d’aller vers l’avant. Amener le futur dans le présent, par contre, est un acte de courage qui nous amène à faire des pas de géants.

Pendant que la population commence seulement à ressentir les effets néfastes de la crise économique, notre classe politique discute de mesures d’éthique qui permettraient à nos politiciens d’avoir des intérêts dans des entreprises faisant affaire avec l’État. Ce mouvement d’élargissement des règles qui régissent le monde politique me fait craindre le pire. Cela fera sortir au grand jour le côté obscur de certains politiciens et rendra la population encore plus cynique envers la classe politique.  Cela pourrait ralentir considérablement les efforts de ceux qui travaillent à relancer l’économie, car, lorsqu’une nation perd totalement confiance envers ses instances, elle devient alors amorphe, sans âme et sans but précis.

Nos politiciens doivent comprendre que, lorsqu’ils prennent la décision de se lancer en politique et de représenter la population, ils doivent prioriser l’intérêt supérieur de la nation à leurs intérêts personnels. Ce qui est aussi dangereux, c’est que cette mesure envoie un curieux message aux autres paliers gouvernementaux comme les municipalités et les commissions scolaires. N’oublions pas que ce qui est juste pour l’un doit l’être pour l’autre. Est-ce vraiment nécessaire et vital que les entreprises que possèdent nos politiciens décrochent des contrats provenant de l’État? Y aurait-il un manque critique d’entreprises au Québec capables d’effectuer le travail que l’État demande? La frontière entre les intérêts de la nation et ceux du politicien devient très mince et ouvre la porte à de nombreux débats qui sont complètement inutiles à notre époque.

John F. Kennedy a déclaré : « Les problèmes du monde ne peuvent être résolus par des sceptiques ou des cyniques dont les horizons se limitent aux réalités évidentes. Nous avons besoin d'hommes capables d'imaginer ce qui n'a jamais existé ».  Voilà, je crois le chemin que nous devons prendre. Mais présentement qui pourrait incarner ce changement? Qui saurait insuffler une nouvelle énergie et nous montrer ce que nous pouvons faire si nous travaillons tous ensemble? Ce n’est certes pas le chemin le plus facile, par contre ce n’est qu’a l’effort qu’on peut calculer la grandeur d’une réussite.

Dans un tel cheminement, il n’y a pas seulement l’État qui doit se mettre en marche. La population tout entière doit aussi mettre l’épaule à la roue. Il est dans son intérêt de s’impliquer politiquement pour bien se faire comprendre, par contre nous devons comprendre que nous ne pouvons faire passer les intérêts de certaines minorités ou d’individus devant les intérêts de la nation tout entière. Nous ne réglerons certainement pas nos problèmes en cherchant des solutions qui divisent à une époque où tous les événements nous poussent à nous unir afin d’assurer un legs de qualité à la prochaine génération. On travaille tous pour améliorer notre qualité de vie, mais il vient un moment où l’on travaille plus pour assurer un avenir de qualité à nos enfants. C’est dans cet esprit que nous devons évoluer et je suis certain que les résultats seront sans précédent.

Pour terminer, je crois que le changement devra inévitablement venir de la base.  C’est à nous, acteurs du monde municipal, d’initier un mouvement fort qui provoquera une onde de choc en haut lieu. C’est désormais à nous de voir aux intérêts de notre région. Pour ce faire, il nous faudra abattre nos différences et créer de nouvelles synergies afin d’améliorer le monde ou nous vivons. C’est à nous de montrer à nos gouvernements ce qui doit être fait et de leur indiquer ce dont nous avons besoin pour bien servir notre population.