Janvier Grondin s’insurge des dépenses des sociétés d’État au Centre Bell
Le scandale des loges corporatives au Centre Bell provoque un tollé de protestation partout au Québec et même en Beauce. Le député de Beauce-Nord, Janvier Grondin, a largement questionné la ministre des Finances hier à l’Assemblée nationale.
Un récent article mentionnait que cinq sociétés d’État du gouvernement ont dépensé jusqu’à 10 millions $ en 13 ans pour des loges corporatives au Centre Bell de Montréal. « Pour justifier le fait que les sociétés d'État ont investi 10 millions $ de fonds publics dans ces loges, le gouvernement nous a servi deux arguments qui ne tiennent pas la route. La ministre des Finances nous dit que c'est une pratique dans le monde des affaires pour développer des relations avec les clients. Or, lorsqu'on est un monopole d'État, on ne développe rien d'autre que des récompenses aux petits amis. Le premier ministre, Jean Charest, nous dit que c'est une forme d'aide pour le Centre Bell. Or, Radio-Canada nous apprend, hier, que 59 entreprises privées attendent pour acheter une loge corporative. Le gouvernement a même créé une liste d'attente pour le Centre Bell », a lancé hier M. Grondin en chambre.
La ministre des Finances, Monique Jérôme-Forget, a rétorqué sur les raisons que ce sont les conseils d’administration de ses sociétés qui utilisent l'argent des contribuables pour acheter des loges corporatives. « Nos entreprises commerciales offraient, justement, avec les loges, un accès pour, justement, reconnaître n'est-ce pas, les clients qu'ils desservent. Ce que j'entends du député, c'est que, lui, si on est en situation de monopole, il ne faut surtout pas s'occuper des clients. Ça ne fait pas partie du mandat. Ça fait 15 ans, que ce soit Hydro-Québec, ou la Société des alcools, ou Loto-Québec... ont des loges... », nous a informés, Mme Forget
« Vous comprendrez que c'est l'économie d'abord. La vraie raison qui pousse les sociétés d'État à avoir des loges corporatives, le gouvernement refuse de nous la donner. Puisque le gouvernement juge que c'est juste et raisonnable, que la société d'État se paie des loges avec l'argent des Québécois, peut-il aujourd'hui nous donner la liste des personnes qui ont fréquenté ces loges qui ont coûté 10 millions $ aux citoyens du Québec? », a indiqué M. Grondin. La ministre des Finances Jérôme-Forget a répondu : un certain député, Mario Dumont.
« Ce seront les conseils d'administration qui, dans l'environnement actuel, vont prendre la décision si cette approche commerciale est la bonne approche par rapport à une autre approche parmi le panier de possibilités pour justement répondre aux besoins des clients et de même que des fournisseurs », ajouté Mme Forget.
« C'est à se demander pourquoi les députés libéraux tiennent tant à ces loges corporatives. Quand et combien de fois les élus du gouvernement ont fréquenté les loges des sociétés d'État au Centre Bell aux frais des contribuables? », se questionne M. Grondin?
Marc Picard, député de Chutes-de-la-Chaudière, a lui aussi demandé ladite liste. Radio-Canada avance que, depuis 1996, Loto-Québec a dépensé plus de 4 millions $ pour deux loges. Hydro-Québec a déboursé 2 millions $ pour une loge, qu'elle dit partager avec des organismes communautaires. La SAQ et la Caisse de dépôt et placement ont chacune dépensé 1,5 million $, tandis que la Société générale de financement a payé 395 000 $. Soulignons que la Caisse de dépôt, aidé de deux sociétés financières, a tout de même accordé un prêt de 140 millions $ à George Gillett pour l’acquisition des glorieux…