L’économie d’abord oui, mais…
L’automne dernier, avant les élections provinciales et fédérales, nos deux paliers de gouvernement rassuraient toute la population sur le fait que nous ne serions pas affectés par la crise économique mondiale et que les budgets, fédéral et provincial, resteraient équilibrés. Et bien voilà, coup de théâtre, nos bons politiciens nous annoncent maintenant une année 2009 très difficile et que nous traverserons l’une des pires crises économiques mondiales. Que s’est-il donc passé pendant les élections? Nos politiciens seraient-ils sortis de leur sommeil? Ont-ils vu ce qu’ils ne voyaient pas avant et que toutes les nations du monde voyaient?
Par Éric Lachance
À ce qui à trait au budget fédéral, on nous avise maintenant qu’il y aura un déficit d’un peu plus de 30 milliards $ pour les opérations 2009. Alors, on peut conclure que si l’argent se fait rare à Ottawa, elle le sera d’autant plus à Québec. J’imagine facilement la valse de doléances quand Ottawa commencera à couper les transferts aux provinces et que Québec fera de même avec les municipalités. Quand les surplus fusent de partout, tout va bien, mais quand l’argent disparaît, on entrevoit la vision de nos politiciens et leur capacité à prendre des décisions d’avenir.
Le fédéral nous parle de déficit et en même temps de baisse d’impôt, voila un contraste extraordinaire. Comme 40 % de la population ne paie pas d’impôt et que les personnes qui ont perdus ou perdront leur emploi n’en paieront plus eux aussi, à qui profiteront ces baisses d’impôt si ce n’est qu’aux biens nantis et aux grandes sociétés. Donc l’effet sur l’économie sera-t-il vraiment au rendez-vous? La baisse de TPS, initiée par les conservateurs, a-t-elle vraiment aidé la population? Maintenant le fédéral aurait bien besoin des milliards que généraient les deux points de TPS. Les grandes mesures annoncées présentement par le fédéral sauront-elles relancer l’économie? On a octroyé un peu plus de 4 milliards $ à une industrie automobile moribonde. En retour tout ce que l’état demande c’est de survivre. L’État ne les oblige pas à prendre le virage vert, à produire des véhicules moins énergivores et abordables. Ce qui est le plus scandaleux, c’est qu’Hydro-Québec possède déjà un véhicule électrique opérationnel depuis 1995, le moteur-roue et que faisons-nous avec?
C’est toujours étonnant de voir comment un gouvernement peut faire confiance aux grandes sociétés privées, mais quand le gouvernement octroie une subvention à une municipalité c’est toute une autre histoire. Nous, élus municipaux, ne sommes-nous pas assez responsables pour connaître nos priorités et investir selon notre rythme? Pourquoi faut-il toujours compliquer les choses simples?
Comme Félix Leclerc a dit « ’ Pour tuer un homme, il suffit de le payer à rien faire »’, c’est bien beau de distribuer des milliards aux entreprises pour renflouer leur fond de roulement, mais combien de temps ce remède temporaire va-t-il durer? Ne vaudrait-il pas mieux profiter de la morosité économique, de la déflation et des faibles taux d’intérêt pour investir dans toutes les infrastructures du Québec?
Prenons seulement nos écoles, c’est aberrant de voir le gouvernement provincial nous faire la morale en efficacité énergétique pendant que les immeubles scolaires du Québec sont probablement classés parmi les plus énergivores de son parc immobilier. Qu'est-ce que le gouvernement attend pour obliger les commissions scolaires à investir dans leurs bâtiments? Il faut dire que la presque totalité des commissions scolaires du Québec dégagent d’importants surplus budgétaires. Ne serait-ce pas là une mesure pour relancer l’économie? De plus, cela viendrait à la fois améliorer la qualité de l’enseignement, diminuer notre consommation énergétique, diminuer les gaz à effet de serre et rendre les commissions scolaires plus rentables et moins coûteuses au niveau de leurs opérations.
Un fait reste indéniable, c’est que la force d’une société et sa capacité à faire face à l’adversité sont proportionnelles à sa solidarité. Mais pour bien exploiter cette solidarité faut-il d’abord avoir des chefs politiques ayant la capacité de faire consensus et de prendre des décisions? Il ne faut pas que chaque intersection, un gouvernement crée une commission parlementaire ou commande une étude de 12 mois pour savoir s’il faut tourner à gauche ou à droite.
Et la Beauce dans tout cela!
Mais pour donner le ton, c’est peut-être à nous, à la base, de donner l’exemple. Ici même en Beauce, pays de la solidarité, sommes-nous sans reproche? Faisons-nous tout ce qui est en notre pouvoir pour nous sortir du marasme économique? Est-ce que les municipalités de la Beauce explorent toutes les pistes de solution? Est-ce que les organismes de développement économique comme le CLD et le CEB collaborent suffisamment entre eux? Ne serait-ce pas le moment d’ouvrir un nouveau dialogue, de se remettre en question, d’évoluer à un autre niveau et de se réinventer? Pouvons-nous faire plus? Un homme seul va plus vite, mais une équipe va beaucoup plus loin.


