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Entre liberté et défis de la vie nomade: Marie-Eve raconte

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C’est dans un stationnement de Sainte-Marie que Marie-Ève, 32 ans, et ses deux chiens, nous ont accueillis dans leur maison nomade, une remorque aménagée avec soins.

Il y a quelques années, elle a vendu sa résidence pour vivre sa liberté. « Je peux aller où je veux, quand je veux, avec qui je veux. C’est ma liberté! », a-t-elle confié à EnBeauce.com. Et malgré les défis, elle ne reviendrait certainement pas en arrière. « J’adore la vie de nomade. Ça m’apporte certains défis par moments, mais qui me poussent tout le temps à sortir de ma zone de confort, qui me challengent. C’est tellement agréable. »

La femme originaire de Sainte-Hénédine apprécie également la facilité de déplacement en cas de catastrophe naturelle par exemple et l’approche écologique de ce mode de vie. « S’il arrive quelque chose, un incendie, une inondation, je peux partir. Je me déplace sans problème. Et puis ça pousse aussi à moins consommer, parce qu’il y a moins de place. On fait aussi plus attention à nos ressources, puisqu’elles sont limitées. »

Grâce à son habitation mobile, Marie-Eve peut voyager, bouger et explorer. « Il n’y a que ce mode vie là qui me permet de découvrir les régions et les gens, alors qu’une maison c’est un peu trop facile, il n’y a pas de défis. Moi j’aime relever des défis. » Même si elle admet que, puisque tout est automatisé, elle bénéficie d’un bon confort de vie. 

Un foyer pour durer

Électricienne de profession et amatrice de plein air, Marie-Eve a construit son habitation de ses propres mains et avec l’aide de ses amis. Après de nombreuses démarches pour prévoir son aménagement, elle a finalement acheté sa remorque en avril 2023. « Je suis allé voir les règlements et j’ai fait mes plans en fonction », a-t-elle expliqué en ajoutant qu’elle était entrée en contact avec les services de police et le contrôle routier afin d’être sûre de ne pas avoir de problème. 

Conçue pour vivre au Québec, sa remorque est très bien isolée, tous les murs sont coupe-feu et elle dispose notamment d’un système complet de filtration qui lui permet de tenir trois mois avec une cuve de 150 L d’eau. « Je voulais le luxe d’une maison, dans la liberté de la vie nomade. »

Après une année à travailler sur son projet, elle y a emménagé en mai 2024. Depuis, elle le teste et poursuit les travaux en fonction de ses besoins. « Tout a été essayé, analysé, réfléchi, testé et refait si nécessaire. »

Encourager ce mode de vie

Pour vivre la liberté qu’elle a choisie, Marie-Ève fait tout de même face à certaines difficultés qui ne dépendent malheureusement pas d’elle. À la construction, le premier mur à franchir a été celui des assurances. Comment trouver une assurance lorsque l’on vit dans une remorque aménagée? Pour trouver, elle a dû faire plusieurs plans et les modifier en fonction des obligations. 

« C’est tellement dur d’avoir un assureur, il faut se plier à tout ce qu’ils veulent. J’ai aussi fait des démarches auprès des contrôleurs routiers, de la police, parce que je voulais que ce soit bien fait. C’était important pour moi que ce soit légal. Donc toutes les démarches ont été très longues et difficiles. »

Il existe certaines assurances pour les nomades, mais les critères sont souvent très spécifiques. Par exemple, il y en a une pour les personnes retraitées qui voyagent, mais c’est seulement sous condition d’être retraité, de ne pas avoir de rentrées d’argent et de ne pas rester trop longtemps au Québec chaque année. Bref, un casse-tête qu’elle a finalement résolu et qui lui a permis d’assurer sa remorque en résidence permanente. 

Désormais assurée et installée dans sa maison roulante, son nouveau casse-tête quotidien est celui de se trouver des emplacements où rester. Elle se désole du manque d’installations dans les municipalités. « Il n’y a pas beaucoup de gens qui ont ce mode de vie là, parce que c’est difficile d’avoir des accès à des stationnements notamment. Plus tu vas en ville, plus c’est compliqué. Alors que si les municipalités aidaient et développaient la chose… »

Une difficulté accentuée pendant l’hiver où les stationnements doivent être libérés les nuits pour le déneigement. « Moi quand il neige je vais me stationner chez des gens que je connais. Puis après la tempête je peux partir et me stationner ailleurs. »

La Beauceronne encourage alors les municipalités de la Beauce et d’ailleurs à suivre le chemin de Sainte-Marie et de Saint-Lambert-de-Lauzon qui ont ouvert des terrains pour les véhicules aménagés. « Il y a des terrains, notamment avec les inondations, qui pourraient être aménagés. On pourrait s’y installer lorsque ce n’est pas la saison des inondations », conclu-t-elle.

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