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Deux ans de la guerre en Ukraine

Aleksandr Olshevskyi et Anton Tymofieiev, deux amis se reconstruisent en terre libre

Anton Tymofieiev, Léa Arnaud et Aleksandr Olshevskyi
Photo: EnBeauce.comAnton Tymofieiev, Léa Arnaud et Aleksandr Olshevskyi
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Deux ans jour pour jour après l'invasion de l'Ukraine par la Russie, EnBeauce.com a rencontré Aleksandr Olshevskyi et Anton Tymofieiev qui ont dû quitter leur terre natale.

Aleksandr est arrivé au Québec le 26 octobre 2022. À l’âge de 43 ans, il s’est établi seul à Beauceville et travaille chez Quirion-Métal en tant que soudeur-assembleur. Depuis quelques semaines, son ami Anton l’a rejoint. 

« Il (Aleksandr) m’a dit qu’un programme existait pour venir au Canada et il m’a montré comment faire ma demande. Le temps a filé et puis un jour on m’a dit que tout était correct, j’ai reçu mon visa, j’ai attendu mon passeport, puis j’ai fait une demande pour ma femme et ma fille. Elles sont toujours en Ukraine parce qu’elles ont peur du changement. Mais je rêve qu’elles viennent aussi et que la famille soit complète ici », a expliqué Anton dont la femme, restée au pays, a besoin de plus de temps pour se préparer à changer de vie et quitter sa famille.

Ces deux amis sont allés à l’école ensemble, ils ont vécu des vies très différentes, chacun de leur côté et se sont finalement retrouvés. Ils ont désormais une connexion forte au vu des circonstances.

Le défi de la langue 

Quand on immigre dans un nouveau pays, il faut se reconstruire et écrire une nouvelle page de son histoire. Un défi difficile, d’autant plus lorsque c’est la guerre qui vous pousse à intégrer une nouvelle culture avec une langue différente.

Lorsque le conflit a éclaté en 2022, Aleksandr vivait en Pologne, dans une petite ville proche de la frontière allemande. À son arrivée au Canada, il a trouvé ça difficile, notamment à cause de la langue justement. 

Il prend des cours de français à Saint-Georges, mais en raison de son travail prenant, il manque de temps pour étudier. « J’ai de la difficulté avec la compréhension orale des Québécois. Je travaille  pour ça et je pense que ça va venir. » En effet, l’accent québécois accentue ses difficultés, car le français enseigné est différent du langage quotidien d’ici. « Ça ne sonne pas pareil. Quand je les entends, je me demande c’est qu’elle langue », a-t-il raconté en riant. 

Aleksandr est un homme timide, ce qui ne l’aide pas à améliorer son niveau. « Je n’aime pas beaucoup parler donc ce n’est pas très facile. En Ukraine les gens ne se parlent pas beaucoup comme ça, dans la rue, ce ne sont pas les mêmes habitudes qu’ici où les gens se disent bonjour dans les commerces. » Déterminé à rester au Québec, il souhaite travailler plus fort sur son français pour progresser et mieux s’intégrer.

« Oui je suis heureux ici, ces derniers je pense que ça va. Mais j’ai besoin de parler avec plus de personnes ici, de ne pas rester à la maison. »

Pour sa part, Anton est arrivé seulement au début du mois. Il suivra des cours de francisation prochainement. « Je pense que dans le futur je vais étudier le français, parce que je n’ai su qu’au dernier moment que je partais pour le Québec », a précisé celui qui maîtrise bien mieux l’anglais.

Se reconstruire loin des siens 

Arrivé seul, Aleksandr aimerait que ses parents le rejoignent au Québec, mais ils n'ont pas beaucoup d'expérience de voyage et se rendre de l’Ukraine au Canada, c’est un long périple pour eux. « Ils ne peuvent pas arriver tout seuls, car il faut prendre le train, puis l'avion. » Ils l’ont tout de même bien soutenu dans sa décision de quitter le pays.

Au début, il est resté très connecté avec sa famille avec qui il parlait tous les jours, mais avec le temps les problèmes de la guerre sont presque devenus normaux alors il est de moins en moins nerveux. « Je me suis habitué à la situation », a-t-il confié. Pourtant le manque, lui, se fait toujours ressentir. « Si je pense à personne, c’est correct, mais quand j’y pense, je ressens le manque. »

Pour se changer les idées, Aleksandr aime pêcher. « Je vais souvent au lac, j’adore pêcher sur la glace. » Il se promène également lorsqu’il a le temps et l’énergie, lui qui travaille beaucoup. « J’aime les chutes Montmorency, les chutes de la Chaudière aussi et visiter la ville de Québec. » 

Pour Anton, c’est que du bonheur d’être au Canada, ou presque. 

« Deux ans plus tôt, je n’aurais jamais imaginé qu’il serait possible d’être ici. Donc je suis très heureux », a-t-il expliqué avec enthousiasme. « J'étais malheureux (en Ukraine), mais quand j’ai su que je venais au Canada ça a enlevé une pression de mes épaules. Je savais que je serais alors en sécurité. Pour moi c’est très positif. C’est merveilleux, c’est magique! »

Ce qui reste dur pour lui c’est que sa femme et sa fille n’étaient pas prêtes à le suivre. Elles ont tout de même reçu leur papier et peuvent arriver jusqu’au 31 mars. Au-delà de cette date, elles ne pourront venir qu’avec le statut de visiteur ce qui les empêchera de travailler ou d’étudier. « Mon objectif c’est qu’elles arrivent de toute façon. Le temps ce n’est pas grave, je me dis qu’un jour elles seront plus près de moi. »

En attendant, sa préoccupation principale est de se trouver une voiture et un travail. Cependant, c’est difficile de trouver du travail ici parce qu’il était pilote en Ukraine et qu’ici les exigences ne sont pas les mêmes pour ce poste. Il a de l’expérience et devait même passer son permis d’hélicoptères, mais ça n'a pas pu avoir lieu à cause de la guerre. Pour cette même raison, il n’a pas pu travailler pendant deux ans. « J'espérais recommencer ici, mais le permis coûte cher et ce ne sont pas les mêmes qualifications, mes compétences ne sont pas reconnues. » 

Ce qui est certain c’est qu’Anton ne se décourage pas et compte bien vivre au mieux son Rêve québécois. « La décision a été rapide et difficile. Mais c’était pour le mieux. »

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