Chroniques

Maudits «Boomers»

Pier Dutil

27 avril 2026
Pier Dutil

La génération des «Baby Boomers» est formée de celles et ceux qui sont nés.es entre 1946 et 1964, soit durant les années suivant la deuxième guerre mondiale de 1939-1945.

Pour des raisons que j’ignore, cette génération fait souvent l’objet de commentaires négatifs comme si on blâmait ses membres de tous les problèmes de la société actuelle.

Rage au volant

Récemment, je me retrouve sur un terrain de stationnement commercial achalandé, cherchant une place pour me garer lorsque j’aperçois une conductrice qui entre dans son véhicule, se préparant à libérer une place.

Je me range à proximité, actionne mon clignotant pour signaler que j’attends pour prendre la place lorsque le conducteur d’une camionnette arrive en trombe et freine brusquement pour éviter de me rentrer dedans. Le conducteur se met à gesticuler et à klaxonner me demandant de laisser la place. J’ouvre la vitre de mon auto et lui fait signe de passer à côté. Il dispose d’un espace suffisant pour poursuivre sa route.

C’est ce qu’il décide de faire, faisant crisser les pneus de son super bolide et après avoir ouvert la vitre de son véhicule, me gratifie d’un doigt d’honneur en me criant : «Maudit Boomer.»

Qu’est-ce que le fait d’être ou non un «Boomer» pouvait bien venir faire dans cette situation? Je me le demande encore. 


J’aurais aimé avoir l’occasion d’informer le conducteur frustré qu’il faisait erreur. Malheureusement pour lui, je ne suis pas un «Boomer». Je suis né en 1945, soit un an avant d’être un «Boomer». On appelle ce groupe d’individus la «Génération silencieuse». 

Les vieux rapportent

Une autre critique que l’on sert souvent aux «Boomers» (62 à 80 ans), c’est qu’ils coûtent cher à la société notamment à cause des soins de santé.

C’est pourtant facile à comprendre, plus on vit vieux, plus on s’expose à la maladie et aux soins qui en découlent. Mais on oublie que les vieux sont aussi un actif pour notre société.

En effet, à partir de 71 ans, les vieux doivent encaisser leurs REER et payer les impôts qui s’ensuivent. Cela représente des millions de dollars annuellement pour les Gouvernements.

De plus, une forte proportion des retraités de cette génération dispose de fonds de pension qui leur permettent de maintenir un niveau de vie intéressant. C’est pourquoi, on les retrouve dans les restaurants, dans les sites de villégiature lors de voyages et ainsi de suite. Cela contribue à faire rouler l’économie.

Et cela sans compter les nombreuses heures de bénévolat effectuées par plusieurs. Sans ces bénévoles, plusieurs organismes ne pourraient survivre. 

Enfin, les «Boomers» lègueront à la génération qui les suit les plus importants héritages jamais vus dans l’histoire. Des études crédibles ont évalué l’ensemble de ces héritages à quelque 1000 milliards de dollars (1000 G$) au Canada. 

Une société vieillissante

Après le Japon, le Québec est la sociétés  où l’on rencontre l’un des plus taux de personnes âgées. Cela s’explique en partie par un taux de fécondité de seulement 1,3 par femme susceptible d’avoir des enfants, alors que le taux de remplacement se situe à 2,1. On ne fait pas d’enfants. La relève n’est pas là.

Cette réalité est en train de nous rattraper puisque, depuis deux ans, au Québec, on recense plus de décès que de naissances. En 2024, il y a eu 78 800 décès VS 77 400 naissances et en 2025, la tendance s’est accentuée avec 80 450 décès VS 78 200 naissances. Et cette tendance, tout indique qu’elle ne se résorbera pas.

Un autre facteur qui démontre clairement que notre société est vieillissante peut être observé par les données de la population active (celle en mesure de travailler), qui se situe entre 15 et 64 ans. Présentement, au Québec, la population active représente 63,1 % de l’ensemble de la population.

Les 0-14 ans comptent pour 15,2 % et les 65 ans et plus représentent 36,9 %. Heureusement, on constate qu’une proportion de plus en plus importante des 65 ans et plus choisissent de continuer à travailler. Ils étaient seulement 0,8 % il y a quelques années et ils sont maintenant 4,9 %.

Il importe également de mentionner que les travailleurs repoussent de plus en plus l’âge de la retraite. Au Québec, l’âge moyen de la retraite est de 64,5 ans. Plus question de rêver de «Liberté 55.»

Besoin d’immigrants

Je suis conscient que le sujet de l’immigration ne fait pas l’unanimité dans notre société. Mais, un jour ou l’autre, plus tôt que tard, il nous faudra prendre conscience que le Québec devra accueillir des immigrants pour combler les milliers de postes laissés vacants par les quelque 70 000 travailleuses et travailleurs qui prennent leur retraite à chaque année au Québec.

Quant à celles et ceux qui chialent après les vieux, je me plais à leur rappeler qu’un jour par très loin ils seront vieux à leur tour. Les personnes âgées ne sont pas toutes dans une RPA ou un CHSLD.

En 1988, le groupe Mike + The Mecanics, dans la chanson «The Living Years», chantait : «Every generation blames the one before.» Traduction: «Chaque génération blâme la précédente.» Cela est vieux comme le monde.

Samuel Poulin

En tant que Beauceron, je me réjouis de la nomination du Député de Beauce-Sud, Samuel Poulin, à titre de ministre des Affaires municipales. C’est une importante promotion pour lui.

Pour rendre compte de cette nomination, je cite les propos de Mario Dumont publiés dans Le Journal de Québec au lendemain du dévoilement du Cabinet : «Samuel Poulin, l’un des meilleurs politiciens du caucus, communicateur sympathique et efficace, se retrouve aux Affaires municipales. Un rôle parfait pour lui.»


Courage

Il ne reste que 999 jours au mandat de Donald Trump. 

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Pensée de la semaine

Cette semaine, deux pensées pour le prix d’une destinées aux «Boomers» actuels et en devenir :