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Pier Dutil

Qui paie des impôts au Québec?

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La saison des impôts tire à sa fin. Si vous êtes prévenants et que vous ne tardez pas à expédier vos rapports d’impôts au provincial comme au fédéral, il est possible que vous ayez déjà reçu vos remboursements ou que vous ayez déjà payé votre dû, selon le cas.

Tout le monde éprouve un certain malaise face aux impôts. On trouve toujours que l’on en paie trop, surtout lorsque, après en avoir payé en retenues sur nos salaires durant l’année, on doit en plus faire un chèque en produisant nos rapports.

Les vrais payeurs

Dans le Journal de Québec et de Montréal du 21 février dernier, Michel Girard traçait le portrait des payeurs d’impôts au Québec à partir des données de 2023, dernière année disponible.

Globalement, l’ensemble des contribuables québécois a versé un total de 31,5 milliards de dollars (31,5 G$) au fisc québécois en 2023. Sur les 7,2 millions de contribuables, 2,3 millions n’ont versé aucuns impôts parce que leurs revenus imposables n’étaient pas suffisants. Ils représentent 32 % de l’ensemble des contribuables. Ce sont donc 68 % des contribuables (4 896 000) qui se sont tapés les impôts des particuliers au Québec. Voyons maintenant comment se répartissent ces contribuables.

Nous ne disposons pas des données concernant les impôts payés par les contribuables imposables dont les revenus sont de moins de 40 000 $. Ils représentent 13,6 % de l’ensemble des contribuables.

Ceux dont les revenus varient de 40 000 à 50 000 $ ont payé 2,8 % de tous les impôts payés au Québec, alors qu’ils représentent 
10,3 % des contribuables.

Celles et ceux dont les revenus imposables vont de 50 000 à 70 000$ ont versé 13,6 % des impôts totaux, alors qu’ils représentent 16,7 % de l’ensemble des contribuables.

Les contribuables québécois qui ont déclaré des revenus variant entre 70 000 et 1000 000 $ en 2023 ont déboursé 14,5% des impôts totaux, alors qu’ils comptent pour 13,9 % de l’ensemble des contribuables.

Passons maintenant aux catégories de revenus élevés et débutons avec celles et ceux dont les revenus déclarés varient de 100 000 à 200 000 $. Ils ont versé 37,2 % des impôts totaux, alors qu’ils représentent 10,5 % des contribuables québécois.

Enfin, les contribuables dont les revenus sont de 200 000 $ et plus ont versé au Gouvernement québécois 34,6 % de tous les impôts. Ils représentent 2,2 % de l’ensemble des contribuables.

La part des hauts revenus

On entend souvent dire que les contribuables qui gagnent le plus ne paient pas suffisamment d’impôts et qu’on devrait les imposer davantage.

Si j’additionne les revenus et les impôts payés par les 100 000 $ et plus, je constate que les 12,7 % des contribuables que l’on retrouve dans cette catégorie ont payé 71,8 % de tous les impôts québécois.

À chacun de juger si cela est suffisant ou pas.

Revenus du Gouvernement

Comme je le mentionnais au début de cette chronique, quand on paie nos impôts, on a toujours l’impression d’en payer trop.

On oublie souvent que nos impôts, comme ceux des sociétés et entreprises, et les taxes diverses constituent les revenus du Gouvernement. Et c’est à partir de ces revenus que le Gouvernement offre les services que nous recevons.

Les Gouvernements n’impriment pas l’argent. Chaque dollar consacré à un service quelconque provient des impôts et des taxes que nous versons.

Même si l’on critique régulièrement la gestion des deniers publics des divers Gouvernements, même si l’on déplore les déficits annuels, on n’hésite pas à en demander toujours plus. Pour en donner plus, il n’y a pas de mystère, les Gouvernements devraient venir en chercher davantage dans nos poches.

Il nous faudra un jour, plus tôt que tard, prendre conscience de cette réalité parce que l’accumulation des déficits annuels des Gouvernements est en train de créer des dettes astronomiques que les futures générations devront assumer un jour ou l’autre.

Importance de la dette

Les ministres des Finances, tant à Ottawa qu’à Québec, pour nous faire avaler leurs importants déficits, présentent désormais la dette globale en pourcentage du Produit intérieur brut (PIB). 


Quand les dettes ne progressent pas en tant que pourcentage du PIB, on se pète les bretelles en affirmant que les dettes sont contenues, même si, en réalité, les montants sont constamment en hausse.

Et ces dettes, on devra les rembourser en argent sonnant, non pas en pourcentage du PIB. De plus, ces mêmes dettes exigent des remboursements d’intérêts annuels en constante augmentation.

À Québec, cette année, le montant des intérêts à rembourser sur la dette est de 7,2 G$. À Ottawa, le coût des intérêts s’élève à rien de moins que 55,6 G$ en 2025-2026. Imaginez tout ce que l’on pourrait s’offrir en services avec de tels montants.

Eh bien non, année après année, des milliards de fonds publics sont versés à des prêteurs qui empochent le fruit de ces intérêts.

Si une entreprise ou un individu gérait son budget de la même façon que nos dirigeants politiques, c’est tout simplement la faillite qui l’attendrait. 

Courage

Il ne reste que 1 013 jours au mandat de Donald Trump.

Visionnez tous les textes de Pier Dutil

Pensée de la semaine

Je dédie la pensée de la semaine à celles et ceux qui doivent balancer leur budget personnel :

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