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Pier Dutil

365 jours plus tard

365 jours plus tard
Photo: Pier Dutil
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365 JOURS PLUS TARD

Si vous êtes de celles et ceux qui croient que l’invasion russe en Ukraine est un conflit qui se passe loin de chez nous et qui ne nous concerne pas, vous pouvez arrêtez ici la lecture de cette chronique. Mais vous pourriez manquer quelque chose.

Le 24 février dernier marquait le premier anniversaire de ce conflit. Il n’y avait vraiment pas de quoi célébrer, mais il y avait par contre de multiples raisons de nous assurer que ce conflit ne tombe pas dans l’oubli parce que, au fil des jours, on finit par s’y habituer.

UNE RÉSISTANCE IMPRÉVUE

Lorsque Vladimir Poutine a donné ordre à ses troupes armées d’envahir l’Ukraine le 24 février 2022, il a prétendu qu’il allait libérer et dénazifier le peuple ukrainien et que cela ne prendrait que quelques jours.

Pourtant, 365 jours plus tard, l’armée russe n’est toujours pas parvenue à ses fins et elle a même subi de lourdes pertes. La petite armée ukrainienne et la résistance de l’ensemble de la population ont surpris le dictateur russe. De plus, la solidarité à l’égard de l’Ukraine manifestée par une grande majorité de pays, et l’unanimité au sein des pays de l’OTAN qui ont accepté de soutenir l’Ukraine ont aussi contribué à déstabiliser le tsar russe.

Ce conflit a aussi permis au Président ukrainien, Volidymir Zelensky de se révéler comme un leader courageux à la face du monde. Alors qu’on lui offrait de quitter son pays pour se réfugier ailleurs en toute sécurité, ce denier a répondu qu’il entendait demeurer avec ses commettants. Et, au lieu de demander de la protection pour sa propre personne, il a plutôt demandé qu’on l’aide à combattre l’envahisseur russe.

Suite à ses nombreuses demandes d’aide armée, plusieurs pays ont accepté de lui fournir des chars d’assaut, des missiles antichars, des véhicules blindés, des canons, des tanks, etc., lui permettant ainsi de résister aux assauts russes.

POURQUOI AIDER L'UKRAINE?

L’invasion russe en Ukraine est une menace pour toutes les démocraties du monde. Si jamais Poutine parvenait à s’emparer de ce petit pays, il serait illusoire de croire qu’il va s’arrêter là. Le rêve du dictateur russe est de recréer l’URSS comme on l’a connue avant la chute du rideau de fer en 1989.

Pour en arriver à ses fins, Poutine ne tolère aucune opposition à cette guerre au sein de son propre pays. Même qu’il interdit d’utiliser le mot «guerre» au sein de sa population. Il s’est d’ailleurs empressé de mater violemment toute contestation sur le territoire russe. Les médias qui refusaient de se faire les promoteurs de la propagande russe ont dû fermer leurs portes et la vérité n’a plus sa place sur le territoire russe. Plus d’un million de citoyens russes auraient même choisi de fuir leur pays pour se réfugier dans des états voisins.

Sur le territoire ukrainien, les forces russes se sont livrées à des attaques considérées comme des crimes de guerre. On a bombardé des édifices résidentiels, des écoles, des hôpitaux, des infrastructures, etc. Suite à la prise de contrôle de certaines villes, les forces russes ont assassiné, torturé et violé de simples citoyennes et citoyens. 

Tout cela dans le but de diviser la population en espérant que celle-ci se soulève contre ses dirigeants politiques. Mais la brutalité des interventions russes a contribué à produire un effet contraire. Une très vaste majorité d’Ukrainiennes et d’Ukrainiens ont plutôt choisi de faire front commun avec leur Président, de s’enrôler dans l’armée et de combattre l’envahisseur. D’autres, par millions, ont choisi de s’exiler à l’étranger pour protéger leurs familles. 

Ce qui se passe actuellement sur le territoire ukrainien, c’est un combat pour la survie de la démocratie. Le peuple ukrainien mène ce combat en notre nom à tous. Ne serait-ce que pour cette raison, nous nous devons de continuer à appuyer le peuple ukrainien et à lui fournir toutes les armes dont il aura besoin pour repousser l’ennemi.

UNE GUERRE D'USURE

Il est difficile d’envisager la fin de l’actuel conflit. De part et d’autre, les parties impliquées n’entendent pas lâcher prise. Plusieurs font appel à la négociation afin de trouver une issue diplomatique et pacifique. Je dois vous avouer que mes attentes de ce côté sont bien faibles. 

J’ai bien peur que cette guerre dure encore longtemps, jusqu’à devenir une guerre d’usure qui laissera un pays meurtri, lourdement dévasté et qui coûtera un prix inestimable en vies humaines, tout cela pour satisfaire les ambitions d’un despote.

NOUS SOMMES CONCERNÉS

Comme je le mentionnais au début de cette chronique, plusieurs pensent que ce conflit ne nous concerne pas.

Pourtant, au cours de la dernière année, le Canada, comme la majorité des autres pays de la planète, subit certains impacts importants. 

Ce conflit a largement contribué à créer l’inflation qui est responsable des fortes augmentations de prix que nous devons assumer à tous les jours lorsque nous nous présentons à l’épicerie ou à la station-service. Je me dois d’admettre que, si ces impacts sont plutôt déplaisants, ils sont de la petite bière par rapport à ce que subit le peuple ukrainien.

Malgré tous ses aspects négatifs, ce conflit a eu au moins un aspect positif pour nous, en Beauce et ailleurs au Québec et au Canada. Il nous a permis d’accueillir des familles ukrainiennes qui se sont installées chez nous et qui contribuent à combler plusieurs postes vacants dans nos entreprises. J’ose espérer que l’on saura les accueillir avec toute l’hospitalité qu’elles méritent.

Quant à savoir s’ils choisiront de demeurer ici ou de retourner dans leur pays lorsque cette maudite guerre aura pris fin, je respecterai leur choix. La qualité de notre accueil et le support qu’on leur offrira pour faciliter leur intégration pourrait jouer en notre faveur.
 

 Visionnez tous les textes d'opinion de Pier Dutil


PENSÉE DE LA SEMAINE

Je dédie la pensée de la semaine à ceux qui choisissent de déclencher des guerres :

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