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Pier Dutil

Un oeil au beurre noir pour les Condors

Un oeil au beurre noir pour les Condors
Photo: Pier Dutil
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UN ŒIL AU BEURRE NOIR POUR LES CONDORS

L’équipe de football les Condors du Cégep Beauce-Appalaches a fait parler d’elle à deux reprises la semaine dernière. La première fois pour une bonne raison et la deuxième fois pour une fort mauvaise raison.

POUR UNE BONNE RAISON

Le samedi 19 novembre dernier, les Condors ont remporté le Bol d’Or, trophée emblématique du championnat du football étudiant québécois, l’emportant 28-21 sur les Gaillards du Cégep de Jonquière lors d’une partie disputée à Thetford Mines.

Cette victoire, la deuxième d’affilée au Bol d’Or, couronnait une saison parfaite. En réalité, il s’agissait de la deuxième saison parfaite d’affilée que les Condors connaissaient sans avoir subi une seule défaite.

Cette belle performance était tout à l’honneur des joueurs et de leur entraîneur-chef, Marc Loranger. Elle nous rappelait les années glorieuses au cours desquelles les Condors dominaient leur circuit, remportant le Bol d’Or.

Alors que l’équipe existe depuis quelque 50 ans, le nom des Condors jouit d’une très bonne notoriété, Même que les anciens porte-couleurs se réunissent à l’occasion pour se rappeler de bons souvenirs et démontrer leur fierté d’avoir porté un jour les couleurs de l’équipe.

POUR UNE MAUVAISE RAISON

Il aura suffi de quelques heures suivant la victoire pour que la situation dérape. En festoyant dans les bars de St-Georges, paradant leur trophée, quelques joueurs ont eu la brillante idée de vandaliser l’emblème de leur victoire.

Et l’on ne s’est pas contenté de quelques bosses ou éraflures. Non, on a décroché la coupe de son socle, on a arraché les noms des équipes qui avaient précédemment remporté le trophée et, attachez vos tuques, on a tenté de faire fondre la coupe. 

Peut-être pensait-on, parce que ça s’appelle le Bol d’Or, qu’en faisant fondre la coupe, on se retrouverait avec un lingot d’or valant quelques milliers de dollars.

Et, pour s’assurer que l’on se souvienne de ces glorieux moments, certains ont eu la brillante idée de filmer le tout et de mettre ces images en ligne sur les réseaux sociaux. 

Comme vous avez pu le constater, ces images ont fait le tour du Québec, on a pu les voir et les revoir dans de nombreux médias.

UNE RÉPUTATION TERNIE

En quelques heures, la réputation de l’équipe de football les Condors du Cégep Beauce-Appalaches a pris toute une débarque. Il a suffi de quelques écervelés, victimes d’une crampe au cerveau, supportant mal les effets de l’alcool, pour ternir la réputation d’une organisation.

Malheureusement, ce ne sont pas que les joueurs actuels de l’équipe qui seront affectés. Le nom de l’équipe sera terni de même que le nom de l’institution qu’est le Cégep Beauce-Appalaches et j’ajouterais également le nom de la Beauce. Franchement, il n’y a pas de quoi être fier.

BONNE RÉACTION DE LA DIRECTION DU CÉGEP

Si les gestes de certains joueurs ne méritent pas des félicitations, je dois avouer que j’ai été agréablement surpris par la réaction de la direction du Cégep Beauce-Appalaches qui, par la voix de son directeur des études et de la vie étudiante, Jean-Philippe Vachon, est intervenu dès le retour au Cégep le lundi matin.

Après avoir déploré la situation, M. Vachon a exigé que les jeunes joueurs s’excusent pour leurs gestes répréhensibles, ajoutant que les frais de remplacement du trophée seraient à la charge des joueurs. C’était la moindre des choses à faire. Il faut assumer les conséquences de ses gestes, même les plus stupides.

Dans leur lettre d’excuses, les joueurs écrivent : «Cette expérience nous fait grandir et l’apprentissage fera de nous de meilleurs individus.»

Les quelques cheveux qui me restent sur le ciboulot se sont dressés à la lecture de cette phrase. J’ai envie de demander à ces jeunes s’ils avaient besoin de tels gestes pour «grandir» et devenir de «meilleurs individus». Est-ce à dire que si tout cela ne s’était pas produit vous seriez de moins bonnes personnes? Faut-il faire des bêtises dans notre jeunesse et s’en excuser par la suite pour devenir meilleur?

J’ai également été surpris par la réaction de l’entraîneur-chef, Marc Loranger, qui a déclaré : «Ce n’est pas excusable, mais ce n’est pas surprenant», ajoutant que les circonstances, la jeunesse, l’alcool et l’effet d’entraînement peuvent produire ce type d’évènement, concluant par ces mots : «… il y a 20 ans, ça se produisait, mais la différence aujourd’hui, ce sont les réseaux sociaux.» Pas fort là non plus.

AUTRES SANCTIONS À VENIR?

Si l’on en croit les propos de Jean-Philippe Vachon, l’enquête pour faire la lumière complète sur ces évènements est toujours en cours et d’autres sanctions pourraient être appliquées aux coupables.

Jusqu’à date, la direction du Réseau du sport étudiant du Québec (RSEQ), l’organisme qui encadre les sports scolaires au Québec, n’a pas réagi. Son directeur général adjoint, Stéphane Boudreau, confiait à enBeauce.com que l’incident sera à l’ordre du jour de la prochaine réunion du conseil d’administration qui aura lieu le 7 décembre prochain.

Il ne serait pas surprenant que de nouvelles sanctions s’abattent sur les Condors, risquant d’hypothéquer l’avenir de l’équipe.

En terminant, j’aimerais ramener les choses dans leurs justes perspectives. Même si les gestes posés par quelques têtes folles son inexcusables et soulèvent la colère, ils sont loin d’avoir l’envergure des viols collectifs qui auraient été effectués par des joueurs de certaines équipes de hockey junior canadiennes, gestes que la direction de Hockey Canada a tout fait pour camoufler.
 

Visionnez tous les textes d'opinion de Pier Dutil


PENSÉE DE LA SEMAINE

Je dédie la pensée de la semaine à tous les membres (joueurs et entraîneurs) de l’équipe de football des Condors :

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