Nous joindre
X
Rechercher
Publicité

LA SOCIÉTÉ HISTORIQUE SARTIGAN

La croix lumineuse d'Albert Veilleux la Meule

durée
1044

vues

LA SOCIÉTÉ HISTORIQUE SARTIGAN

Si vous avez vécu à Saint-Georges, vous avez peut-être déjà entendu ce nom bizarre de «Albert Veilleux la Meule», mais vous vous demandez qui était ce personnage. Il mettait parfois un «P» devant son nom, car il fut baptisé sous les prénoms de Pierre Albert Veilleux, né le 14 juillet 1894. Dès son jeune âge, il fut forgeron. Le métier de forgeron rime avec meule, car celui-ci devait constamment affûter ses outils ainsi que certaines pièces métalliques qu’il fabriquait ou réparait. C’est probablement en raison de cet aspect de son travail qu’il fut affublé du nom de «la meule». 

Comme il avait souvent à effectuer des travaux connexes sur des objets en métal, il est aussi devenu soudeur. Aux environs des années 30, il s’est installé dans une bâtisse située sur la rue Saint-Antoine (120e Rue), juste à côté de la pharmacie Poliquin et en face de la ferronnerie Poulin et Grondin. Sa résidence était au second étage et il avait son atelier de forge et de soudure au premier, dans la partie gauche de l’immeuble (photo 2). Il y exerça son métier pendant plusieurs décennies. Ayant couramment à manoeuvrer et travailler de grosses pièces en métal parfois rougies par le feu, à coups de masse, il fut peut-être victime d’une étincelle ou d’une parcelle de métal violemment projetée au visage, car il avait une prothèse oculaire, communément appelée un oeil de verre. On le voit à la porte de son atelier vers 1941 (photo 3). Il a longtemps loué la partie droite du rez-de-chaussée comme salon de coiffure, notamment au barbier Eugène Couture, dont on voit l’affiche à la photo 4. À une certaine époque, il utilisait pour ses déplacements un gros pick-up de marque Dodge ou Fargo «power wagon» qu’il avait acquis du surplus de l’armée. Lorsqu’il se retira, c’est son gendre Henri Paquet qui acheta son commerce. Albert est décédé le 18 mai 1974 et repose au cimetière l’Assomption en compagnie de sa première épouse Mary Thibodeau. Vers 1985-90, son ancienne maison fut transformée en bloc à appartements. Hélas, cet édifice fut complètement détruit par un incendie survenu le 8 avril 2014. C’est aujourd’hui un terrain vacant servant de stationnement.

Lorsqu’on a construit le Séminaire en 1948-49, le plan prévoyait que la toiture de cette institution d’enseignement catholique, dirigée par des prêtres, serait dominée par une énorme croix illuminée. Et qui pensez-vous fut choisi pour réaliser cet ornement architectural ? Hé oui, notre bon ami Albert Veilleux la Meule ! Avec l’aide de son gendre Henri Paquet, il fabriqua de ses propres mains cette immense croix de 10 pieds de hauteur et pesant 2 000 livres. Ils ont peut-être même reçu l’aide du tout jeune petit-fils Marcel Paquet qui pose fièrement sur la croix en avant de l’atelier en compagnie de ses ascendants avant qu’elle soit transportée (photo 5). Elle fut installée sur la pointe supérieure de la coupole, pour être vue de partout en ville (photo 1). Mais en février 1999, un bris électrique au système d’éclairage de la croix causa pour environ 25 000 $ de dégâts. Puisque c’était considéré comme un bien patrimonial à sauvegarder, celle-ci a dû être descendue pour être réparée. Le 13 juillet suivant, elle fut réinstallée sur son socle et illumine encore le ciel comme à l’origine. C’est très probablement l’oeuvre la plus importante réalisée par Albert la Meule au cours de sa carrière. Un bon monsieur qui excellait dans son métier.
 

Photo 1 courtoisie de Yvon Thibodeau. Photos 2, 3 et 5 du fonds Marcel Paquet. Photo 4 du fonds Claude Loubier. Texte et recherches de Pierre Morin.

Visionnez tous les textes de la Société historique


Fondée en 1992, la Société Historique Sartigan est un organisme à but non-lucratif, financé par les dons, dont la mission est la protection, l'interprétation, la valorisation et la diffusion du patrimoine de Saint-Georges et de ses environs.

 


Centre culturel Marie-Fitzbach (4e étage)
250,18e Rue, CP 6
St-Georges (Qc) G5Y 4S9

418 227-6176
www.shsartigan.com  -  shsartigan@hotmail.com

facebook.com/shsartigan

 

 

RECOMMANDÉS POUR VOUS


Pourquoi arrêter de travailler quand le travail n'est pas fini?
Publié le 15 juin 2026

Pourquoi arrêter de travailler quand le travail n'est pas fini?

Comme ses prédécesseurs, le Gouvernement de la CAQ a mis fin aux travaux de l’Assemblée nationale vendredi dernier alors que plusieurs projets de loi ont été abandonnés par manque de temps. Pourtant, rien n’obligeait les parlementaires à cesser leurs délibérations alors qu’il restait encore passablement de travail à effectuer. Plus ...

Vues aériennes de Saint-Georges en 1951, 1965 et 2015
Publié le 14 juin 2026

Vues aériennes de Saint-Georges en 1951, 1965 et 2015

LA SOCIÉTÉ HISTORIQUE SARTIGAN Les temps changent, et la ville aussi, comme le démontrent ces trois superbes photos aériennes. Il est intéressant de constater l'évolution importante survenue à ces endroits. Les photos, prises en direction sud, couvrent à peu près le même secteur, à des époques différentes. Prenez le temps de les ...

Regardez-vous encore la télé?
Publié le 8 juin 2026

Regardez-vous encore la télé?

Au Québec, pour une population de 9,03 millions, il existe quatre chaînes de télévision généraliste francophones (Radio-Canada, TVA, Télé-Québec et Noovo) et quatre chaînes anglophones (CBC, CTV, Global et Citytv). S’ajoutent à cela les dizaines de chaînes spécialisées comme RDI, LCN, RDS, Explora, Séries Plus, Historia, Canal D, ...