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OPINION | Le président des Producteurs de lait croit que la gestion de l'offre a le dos trop large

OPINION | Le président des Producteurs de lait de Chaudière-Appalaches-Sud Bruno Cyr croit que la gestion de l'offre a le dos trop large
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Le président des Producteurs de lait de Chaudière-Appalaches-Sud et producteur de lait de Saint-Elzéar, Bruno Cyr, publie une lettre d'opinion concernant la gestion de l'offre et les commentaires du député fédéral de Beauce, Maxime Bernier.

Voici l'intégralité de son message : 

Depuis que le système de gestion de l’offre a été mis en place dans les années 70, il y a toujours eu des gens pour et des gens contre ce système. Au nom du libre-échange, il serait si facile de laisser tomber ce système qui fonctionne bien, sous prétexte que les consommateurs en sortiraient gagnants. D’ailleurs, dernièrement, le député fédéral de Beauce, Maxime Bernier, s’est même permis d’en faire son cheval de bataille pour la course à la chefferie du Parti conservateur.

Pourtant, nombreux sont les pays qui ont déréglementé leur secteur laitier et qui n’ont pas observé de baisse de prix au consommateur. L’exemple de l’Australie est flagrant. Ce pays a déréglementé son secteur laitier en 2000. Depuis, les producteurs ont connu une diminution de 23 % du prix de leur lait alors que le prix des produits laitiers aux consommateurs a augmenté de 36 %. Les gagnants ne sont ni les producteurs, ni les consommateurs.

Au Canada, dans la dernière année, les producteurs laitiers ont perdu 220 M$ en raison des importations de lait « diafiltré » par les transformateurs qui substituent la protéine canadienne par ce concentré protéique liquide. Est-ce que les consommateurs sont plus riches de 220 M$? Est-ce que le prix des produits laitiers a baissé sur les tablettes? Comment peut-on berner les consommateurs au point de leur faire miroiter une diminution du prix des produits laitiers si la gestion de l’offre est abolie? 

On nous sert souvent que le lait est moins cher aux États-Unis et que ce serait attribuable au système de la gestion de l’offre. Pourtant, le professeur Maurice Doyon, de l’Université Laval, citait quelques comparaisons intéressantes d’écarts de prix entre les prix à Québec et dans le nord de l’État de New York, en mars 2014, le bœuf haché était 35 % plus dispendieux à Québec, les côtelettes de porc sans os 135 % plus dispendieuses à Québec, la bouteille de ketchup Heinz était 86 % plus dispendieuse à Québec, le Toyota Rav4 Limited (construit en Ontario) était 22 % plus dispendieux à Québec. C’est sûrement encore la faute de la gestion de l’offre, elle a tellement le dos large.

Les producteurs laitiers, d’œufs et de volailles se sont dotés de ce système afin de pouvoir vivre décemment de la production en plus d’offrir des produits de qualité, avec des normes de salubrité et environnementales parmi les plus élevées au monde, aux consommateurs canadiens et ce, sans subventions de l’État. Il ne faut pas oublier que le consommateur est aussi le contribuable qui devra contribuer aux subventions agricoles dans le cas d’une déréglementation. Car un pays qui dépend entièrement des autres pour se nourrir se met en position de vulnérabilité extrême. Cet aspect est souvent négligé de la part des fiers promoteurs du libre-échange qui ne pensent qu’à enrichir les plus riches au détriment de la classe moyenne.

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