Le Conseil de presse du Québec retient la plainte contre le mensuel Le Monde forestier
Le directeur des communications de l’Association des propriétaires de boisés de la Beauce, Michel Roy, nous avise que le mensuel Le Monde forestier a manqué à l'éthique journalistique. C'est ce qu'a émis le Conseil de presse du Québec en précisant les raisons qui ont appuyé sa décision.
Le communiqué du 4 avril dernier nous apprend que le mélange des genres journalistiques, le manque de mise en contexte, et ce, à défaut d’avoir révélé leur intérêt et d’avoir permis un droit de réplique, de même que le manque de collaboration dans le cadre du processus de plainte du Conseil lui ont permis de trancher la question. Il s'agit là des motifs retenus par le Conseil de presse du Québec dans la plainte de l’Association des propriétaires de boisés de la Beauce, contre le mensuel Le Monde forestier (Guy Lavoie, directeur général) et ses collaborateurs MM. Robert Joly et André Émery.
Il faut se souvenir que la plainte de l’Association des propriétaires de boisés de la Beauce portait sur un article publié en page 10 de l’édition de juin 2007 du mensuel, sous la plume de Robert Joly et André Émery. Les griefs soulevés : information incomplète et inexacte, manquements à l’impartialité, à l’équilibre et à la rectification de l’information publiée.
Mélange des genres et manquement à l’éthique
Dans sa décision D2007-11-020 rendue le 2 avril 2008, le Conseil de presse du Québec s’est d’abord arrêté à préciser le genre journalistique de l’article dénoncé par l’Association, que celle-ci estimait être un article d’information. « Le Conseil a observé que le texte en question contenait suffisamment de prises de position pour être considéré comme un article d’opinion » lit-on dans la décision. « N’étant pas identifié comme un article d’opinion, le texte contesté présentait toutefois des faits mêlés avec des opinions tranchées des auteurs. Il devenait alors difficile d’en reconnaître le genre journalistique. Cette entorse aux règles déontologiques constitue donc, aux yeux du Conseil, un manquement à l’éthique journalistique de la part des mis-en-cause. »
Puisque le Conseil considère cet article comme un texte d’opinion, il a retenu un grief de manque de mise en contexte.
Toujours en regard du journalisme d’opinion, le Conseil estime que « la faute n’est pas d’avoir eu un intérêt dans la matière traitée dans l’article, mais de ne pas avoir ouvertement fait état de cet intérêt ».
Le Conseil juge qu’en n’accordant pas à l’Association de droit de réplique dans ses pages, « Le Monde forestier contrevenait à un précepte déontologique ».
Finalement, le Conseil a noté le manque de collaboration du Monde forestier pour l’étude de la plainte. « Ce geste qui est contraire à la ligne de conduite adoptée habituellement par les médias... »
Le seul grief de l’Association non retenu par le Conseil de presse porte sur la prétention que les auteurs de l’article auraient dû communiquer avec elle avant de publier.
L’Association des propriétaires de boisés de la Beauce reçoit avec très grande satisfaction cette décision du Conseil de presse du Québec.


