Les Canadiens continuent de prendre l'avion cet été, même si les prix des billets restent bien supérieurs à ceux de l'année dernière, et ce, malgré une récente baisse du coût du carburant.
Fin juin, les tarifs aériens en classe économique sur les vols intérieurs restaient supérieurs de 11 % à ceux de l’année précédente, tandis que les tarifs internationaux étaient globalement comparables d’une année à l’autre, selon la plateforme de recherche de voyages Kayak.
Néanmoins, les principales compagnies aériennes nord-américaines ont indiqué que la demande à l’approche de la haute saison s’était révélée solide, malgré l’intensification des conflits mondiaux et le désintérêt des Canadiens pour les voyages aux États-Unis.
«Nous sommes dans le vert depuis la majeure partie des deux derniers mois. Malgré de multiples hausses des tarifs, nous n’avons pas constaté de baisse de la demande», a rapporté Mark Galardo, directeur commercial d’Air Canada, aux analystes le 30 avril, en référence aux vols estivaux.
En mai, le volume des voyages en Amérique du Nord s’est maintenu alors même que les chocs énergétiques et de transport liés à la guerre en Iran ébranlaient l’économie mondiale, selon l’Association internationale du transport aérien (IATA).
«La demande semblait encore largement résistante face aux prix élevés du carburant et des billets d’avion», a affirmé mardi le directeur de l’association, Willie Walsh, dans un communiqué.
Cette tendance se confirme tout particulièrement au Canada, où certains habitants font des sacrifices dans d’autres domaines afin de pouvoir se permettre de voyager.
Environ 42 % des Canadiens ayant répondu à une enquête menée par l’entreprise de récompenses en remises en argent Rakuten ont déclaré réduire leurs dépenses dans d’autres domaines, même s’ils dépensent davantage pour des voyages en avion plus onéreux.
«Malgré la hausse des coûts et la volatilité qui influencent les habitudes de consommation, nombreux sont ceux qui font délibérément des compromis dans d’autres domaines pour préserver leurs voyages, ce qui reflète un désir croissant de renouer des liens et de se ressourcer», a soutenu Jennifer LaForge, directrice générale de Rakuten, dans un communiqué de presse.
Tant que la demande reste stable, les compagnies aériennes n’ont guère intérêt à baisser leurs tarifs, même si les prix du carburant reviennent à la normale, a expliqué Barry Choi, qui dirige le site web de finances personnelles et de voyages «Money We Have».
«Je déteste le dire, mais une fois que les prix ont augmenté, les compagnies aériennes ont tendance à ne pas les baisser», a-t-il dit.
Un vol aller simple qu’il espère prendre en décembre pour se rendre à Toronto depuis Los Cabos, au Mexique, coûte déjà environ 700 $, a indiqué M. Choi. «J’ai déjà fait un aller-retour en Europe pour moins cher que ça.»
«Il n’y a aucune raison pour que ce vol soit aussi cher qu’il l’est actuellement, a-t-il ajouté. Mais elles (les compagnies) disposent des algorithmes, elles ont les chiffres. Elles savent exactement ce que les gens sont prêts à payer et ce qu’ils vont acheter.»
Vendredi dernier, le prix du baril de kérosène était inférieur de 24 % à celui d’un mois auparavant, mais supérieur de 30 % à celui de fin juin de l’année dernière, selon l’Association internationale du transport aérien.
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Christopher Reynolds, La Presse Canadienne