Nous joindre
X
Rechercher
Publicité

Violence armée: les oppositions s'en prennent à François Legault

durée 09h29
25 août 2022
La Presse Canadienne, 2022
durée

Temps de lecture   :  

3 minutes

Par La Presse Canadienne, 2022

MONTRÉAL — Les partis d’opposition s’en prennent durement au premier ministre François Legault pour ce qu’ils estiment être un désengagement de sa part face à l’intensification de la violence armée à Montréal.

Les deux assassinats liés au crime organisé en plein jour dans des lieux publics, plus tôt cette semaine, «sont la goutte qui fait déborder le vase», s’insurge le porte-parole de Québec solidaire, Gabriel Nadeau-Dubois, dans un communiqué publié jeudi. «Où était la CAQ de François Legault pendant tout son mandat à l’Assemblée nationale? Montréal n’est pas, et n’a jamais été une priorité pour François Legault», déplore-t-il.

Rejoint par La Presse Canadienne, le député solidaire d’Hochelaga-Maisonneuve et porte-parole de la formation en matière de sécurité publique, Alexandre Leduc, n’a pas caché un certain désarroi. «Que le crime organisé se sente capable de faire ces coups-là en plein jour, n'importe où, n'importe comment, on est dans une situation qui est intolérable, a-t-il dit. Elle était déjà intolérable.»

Des travailleurs sociaux au SPVM

Il demande d’abord au gouvernement caquiste d’augmenter la pression sur le gouvernement fédéral «pour accélérer la procédure qui vise à interdire les armes de poing». 

Mais aussi et surtout, le député réclame du financement additionnel pour le corps de police montréalais non pas pour embaucher davantage de policiers, mais bien des travailleurs sociaux afin de faire des patrouilles mixtes pour faire de l'intervention psychosociale. «Ça viendrait dégager des ressources de policiers et policières formés à prévenir le crime, à attraper des criminels, à faire ce travail, ce qu'ils ne font pas tous en ce moment parce qu'ils sont pris par la crise de santé mentale qui a lieu à Montréal et partout au Québec.»

Jeunes: un autre dossier

Cependant, il reconnaît que les deux meurtres commis cette semaine sont liés au crime organisé et ne sont pas de même nature que les nombreux autres meurtres et incidents impliquant des armes à feu survenus depuis le début de l’année par des membres de gangs. «Ce qui s'installe de manière plus sournoise, c'est une culture de l'arme à feu auprès de certains jeunes. C'est ça qu'il faut casser, c'est cette culture-là. Cette idée qu'on peut régler nos comptes, régler nos différends avec une arme à feu.»

Pour cette violence d’une tout autre nature, il est urgent selon lui d’initier «un sérieux dialogue social sur le refinancement du milieu communautaire et du milieu des loisirs», qui représentent les meilleurs outils de prévention de la criminalité armée auprès des jeunes. En contrepartie, il rejette l’idée avancée dans certains milieux de revenir aux interpellations aléatoires, y voyant un plus grand risque de recul en matière de profilage racial que d’avancée en matière de prévention de la criminalité armée.

Gestion par zooms et par tweets dénoncée

Chez les libéraux, la cheffe Dominique Anglade a fait une sortie remarquée jeudi pour dénoncer la manière dont le premier ministre Legault a réagi face aux événements de cette semaine.

«Je n'accepte pas de voir qu'on gère ce qui se passe présentement à coups de tweets et de zooms. Ce n'est pas comme ça qu'on va régler la situation. On va la régler en étant sur le terrain, en amenant des solutions concrètes à de vrais enjeux qu'on a aujourd'hui.

«Ça arrive maintenant n'importe où et tout le monde peut être touché par ça et l'inaction fait en sorte que ça se détériore», a-t-elle dénoncé, qualifiant les récents événements de «pointe de l'iceberg».

Répression et prévention

Selon elle, il est nécessaire de «faire plus de prévention, donner les moyens aux villes d’embaucher plus de policiers et d’offrir plus de financement aux municipalités pour mieux soutenir les corps policiers».

Outre la répression, Mme Anglade promet un investissement de 90 millions $ dans les organismes communautaires qui oeuvrent en prévention afin d’aider à garder les jeunes à distance de l’emprise des groupes criminels.

Le chef du Parti conservateur, Éric Duhaime, prévoyait de son côté faire une sortie en fin d’après-midi sur le sujet à Montréal-Nord. 

Pierre Saint-Arnaud, La Presse Canadienne