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Utilité du Bloc: Poilievre «méprise» les Québécois et la démocratie, accuse Trudeau

durée 13h13
28 février 2024
La Presse Canadienne, 2024
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Par La Presse Canadienne, 2024

OTTAWA — Le chef conservateur Pierre Poilievre démontre un «mépris profond pour la démocratie et les Québécois» lorsqu'il demande «à quoi sert le Bloc québécois», s'est indigné mercredi le premier ministre Justin Trudeau.

«Même si je suis en désaccord avec le Bloc québécois et leur désir de toujours chercher des chicanes, les Québécois ont voté dans bien des comtés pour les députés du Bloc québécois qui font leur travail, ici, dans cette Chambre des communes», a d'abord répondu M. Trudeau.

Selon lui, les propos de M. Poilievre sont un autre exemple qu'il est «continuellement» méprisant, lui qui a qualifié le mois dernier les maires de Québec et de Montréal, Bruno Marchand et Valérie Plante, d'«incompétents».

À peine avait-il terminé son envolée que M. Poilievre, tout sourire, s'en est moqué. «De toute beauté! Wow! Un nouveau mariage libéral-bloquiste. Le premier ministre donne des compliments au Bloc. Le Bloc applaudit le premier ministre», a-t-il ironisé.

La question de M. Poilievre sur l'utilité du Bloc québécois est en fait la même que celle qu'a posée la semaine dernière le premier ministre du Québec, François Legault, au chef péquiste, Paul St-Pierre Plamondon.

«À quoi ça sert le Bloc québécois à Ottawa? Ça sert à quoi? Ça sert à quoi?», avait-il tonné au Salon bleu de l'Assemblée nationale.

Le chef bloquiste, Yves-François Blanchet, avait par la suite soutenu que M. Legault s'était visiblement enflammé durant la période des questions dans un «moment d'impulsivité», mais qu'en fait «personne ne doute de l'utilité» de sa formation politique.

Le Bloc, avait-il plaidé, a obtenu des motions unanimes sur l'immigration, sur la langue, sur la reconnaissance de la nation québécoise. Selon lui, les dossiers importants pour Québec «ne sont portés que par le Bloc québécois».

Lors de la joute de mercredi, Pierre Poilievre s'est justifié en affirmant qu'il pose «simplement la même question» que M. Legault, et que la réponse est simple: «ça sert au premier ministre».

Il a énuméré des reproches à l'égard du Bloc, notamment d'avoir appuyé le financement de l'application ArriveCan - qu'il a rebaptisée «ArriveScam» et qui fait l'objet de critiques pour des dépassements de coûts importants - à travers des fonds destinés à la lutte contre la pandémie de COVID-19.

Les conservateurs utilisent ces jours-ci une déclaration du leader parlementaire du Bloc québécois, Alain Therrien, qui a expliqué le vote de sa formation en disant qu'il ne «va pas scruter tout ce qui est dépensé» par le gouvernement.

Après que M. Poilievre eut dans un deuxième temps demandé à quoi sert «le mariage libéral-bloquiste», le premier ministre Trudeau a répliqué qu'il s'agit d'un autre exemple de mépris de la démocratie et que cela «devrait inquiéter les Québécois et tous les Canadiens».

«J'ai passé ma carrière politique à lutter pour le fédéralisme au Québec et pour un Canada uni contre bien souvent le Bloc québécois, a-t-il déclaré. Mais j'ai toujours eu un respect profond pour quiconque se présente pour servir ses concitoyens et pour être élu à cette Chambre des communes.»

Michel Saba, La Presse Canadienne