USA/Canada\Mexique: rencontre de révision de deux jours de leur accord commercial
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Par La Presse Canadienne, 2023
WASHINGTON — Les trois partenaires commerciaux de l'Amérique du Nord sont à Cancún, au Mexique, pour deux jours de réunions afin de faire le point sur les trois dernières années d’application de l'accord commercial États-Unis-Mexique-Canada.
La ministre canadienne du Commerce international, Mary Ng, s'entretient avec la représentante américaine au Commerce, Katherine Tai, et Raquel Buenrostro, secrétaire à l'Économie du Mexique.
L’entourage politique de Mme Tai affirme que les États-Unis ont exporté près de 790 milliards $ en biens et en services dans le cadre de l'accord commercial en 2022, soit 31 % de plus qu'en 2012. Le département américain du Commerce estime que les exportations nord-américaines ont soutenu quelque 2,1 millions d'emplois en 2021.
Les trois parties devraient notamment discuter de réexamen de l'accord, qui nécessite une évaluation complète d'ici juin 2026.
Mais la ministre Ng espère que le Mexique et les États-Unis saisiront la chance d'assurer que l'accord survive. À son avis, l’entente commerciale entre les trois pays est la plus réussie au monde. "Cet accord, tel que négocié, offre à la fois prévisibilité et stabilité pendant 16 ans, jusqu'en 2036", a-t-elle précisé. ``Les réexamens réguliers, y compris celui de 2026, sont l'occasion de créer encore plus de certitude pour prolonger l'accord au-delà de 2036.''
Le Canada et le Mexique souhaitent également s’assurer que les États-Unis respecteront une décision d’un panel rendue plus tôt cette année qui a rejeté la façon dont ils classent le contenu automobile étranger. Pour la ministre Ng, cette question est l’une de ses priorités depuis des mois et à son avis, l'un des aspects les plus vitaux d'un accord commercial international est que toutes les parties en respectent les termes.
"Les règles qui nous sous-tendent tous à travers cet accord sont des règles que nous apprécions tous et que nous devons tous respecter", a-t-elle précisé. ``Nous travaillons également tous pour lutter contre le changement climatique _ et le secteur automobile y joue un rôle très important avec les véhicules électriques _ et nous nous assurons de créer de la stabilité et des certitudes pour le secteur.''
La décision judiciaire rendue publique en janvier dans la foulée du Sommet des dirigeants nord-américains, a stipulé que l'interprétation américaine des règles relatives au contenu étranger pour les automobiles était incompatible avec les termes de l'accord, qui a augmenté le contenu en valeur régionale autorisé pour les pièces automobiles à 75 %, comparativement à 62 % auparavant.
Dans une composante de base comme un moteur, par exemple, une pièce peut être considérée comme ayant des origines à 100 % nord-américaines une fois que le seuil régional de ses divers éléments est atteint. C'est une étape essentielle pour déterminer quels véhicules sont réputés hors taxes.
Les États-Unis avaient tenté de plaider en faveur d'une interprétation plus rigide du libellé de l'accord, mais le panel a catégoriquement rejeté cet argument.
Depuis lors, les États-Unis sont restés silencieux sur la manière dont ils ont l'intention de réagir, et les responsables du bureau de Katherine Tai n'ont donné aucun indice lors d'un briefing téléphonique mercredi sur la question de savoir si les réunions de cette semaine apporteraient des éclaircissements. "Nous nous engageons avec le Mexique et le Canada pour trouver une solution positive", a déclaré un responsable, s'exprimant sous couvert d'anonymat aux termes de l'appel. "Nous voulons une solution qui profitera à toutes les parties en améliorant la production de véhicules automobiles et les emplois en Amérique du Nord."
Les responsables ont ajouté qu’il existait aussi pour les États-Unis deux points de discorde persistants: la production mexicaine de maïs génétiquement modifié et la rigidité du Canada sur les quotas d'exportation de produits laitiers. Cependant, ces sujets sont soumis à des efforts distincts de règlement des différends.
James McCarten, La Presse Canadienne