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Une victime d'agression sexuelle estime que le Stampede n'a pas dit la vérité

durée 10h02
2 août 2023
La Presse Canadienne, 2023
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Temps de lecture   :  

3 minutes

Par La Presse Canadienne, 2023

L'un des hommes à l'origine d'une action collective pour agressions sexuelles intentée contre le Stampede de Calgary dénonce les excuses venues après un règlement judiciaire partiel la semaine dernière.

L'homme, identifié dans les documents judiciaires comme «R.W.», estime que le Stampede n'a pas dit la vérité aux gens de Calgary et aux Canadiens.

Le règlement prévoit que le Stampede accepte la responsabilité dans une action collective qui allègue qu'un membre du personnel de son école des arts de la scène a agressé des garçons pendant de nombreuses années. Philip Heerema purge une peine de 10 ans de prison pour avoir agressé sexuellement six garçons alors qu'il travaillait pour la «Young Canadians School of Performing Arts», associée au Stampede.

Dans une déclaration écrite, la semaine dernière, les dirigeants du Stampede ont indiqué qu'ils n'avaient pris connaissance des allégations qu'en 2014 et qu'ils avaient alors «pris des mesures immédiates».

Or, les documents judiciaires du règlement de la semaine dernière, qui incluent des preuves présentées au procès de Heerema, allèguent que des inquiétudes à son sujet avaient déjà été signalées aux autorités du Stampede dès 1988 — soit 26 ans plus tôt.

Ces documents, que le Stampede n'a pas contestés, selon les avocats des plaignants, indiquent qu'après 1988, il y a eu d'autres plaintes officielles du personnel, en 2008.

Les documents «indiquent clairement que des personnes se sont manifestées à plusieurs reprises depuis 1988», souligne «R.W.», qui fait partie d'un groupe de plus de trente plaignants dans l'action collective. «Le Stampede avait de nombreuses occasions d'agir avant 2014. Ils auraient dû agir et ils auraient dû enquêter.»

Dans un communiqué envoyé par courriel, le département de presse du Stampede a déclaré qu'une compensation et un soutien allaient être apportés.

«Nous travaillons avec diligence pour parvenir à un accord avec les victimes par le biais de cette action en justice», a-t-il déclaré mercredi. 

«Nous espérons que le résultat aidera les victimes et leurs familles à commencer à guérir. Ce procès est toujours en cours, mais après la procédure, nous serons disponibles pour faire des commentaires».

Le député libéral fédéral George Chahal, de Calgary, a demandé mardi aux dirigeants du Stampede de clarifier ce qu'ils savaient des activités de Heerema à l'école des arts de la scène.

Le Stampede a publié mardi une longue liste de mesures prises pour prévenir de futures agressions, notamment la mise en place d'une plateforme de divulgation confidentielle et la disponibilité de psychologues pour les jeunes.

La mairesse de Calgary, Jyoti Gondek, a déclaré mardi que les divulgations d'agressions sexuelles doivent toujours être prises au sérieux. «Dès que quelqu'un intervient et dit: ''Ça m'est arrivé'', la responsabilité de l'adulte dans la pièce, quel qu'il soit, est d'agir.» Mme Gondek a commenté l'affaire en tant que mairesse de Calgary, et non en tant que membre du conseil d'administration du Stampede.

«R.W.», qui se décrit comme un Calgarien de longue date et un amateur du Stampede, estime que l'organisation a offert peu de soutien aux victimes de Heerema. «Ils n'ont pas tendu la main. Et je sais que je ne suis pas la seule victime à le dire.»

«R.W.» souligne par ailleurs que Heerema pourrait bientôt obtenir une libération conditionnelle et que l'action collective n'est toujours pas complètement réglée — les dommages-intérêts devraient être négociés plus tard cette année.

Bob Weber, La Presse Canadienne