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Une députée de l'Ontario appelée à retirer une déclaration sur le Proche-Orient

durée 10h08
11 octobre 2023
La Presse Canadienne, 2023
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3 minutes

Par La Presse Canadienne, 2023

TORONTO — La cheffe néo-démocrate de l'Ontario a demandé à l'une des membres de son caucus de retirer une déclaration sur le conflit entre Israël et le Hamas, mais cette demande est restée pour l'instant sans réponse, alors que le premier ministre l'appelle maintenant à démissionner.

Sarah Jama, qui a été élue plus tôt cette année lors d'une élection partielle dans Hamilton-Centre, a publié mardi une déclaration dénonçant «l'occupation de la Palestine depuis des générations» et ce qu'elle a qualifié d'apartheid et de violations des droits de la personne à Gaza.

«Surtout dans ce contexte, les nouvelles en provenance d'Israël et de Palestine sont profondément préoccupantes», a-t-elle écrit dans un communiqué publié sur la plateforme de médias sociaux X, anciennement Twitter.

«Nous devons chercher une solution à ce cycle de mort sans fin et de destruction: mettre fin à toute occupation des terres palestiniennes et mettre fin à l'apartheid.»

Mme Jama a écrit que son cœur «allait sincèrement vers tous ceux qui sont touchés par cette violence continue», mais n'a pas mentionné explicitement l'attaque du week-end perpétrée par des militants du Hamas, qui a été décrite comme le pire massacre de civils de l'histoire d'Israël.

L'attaque et la réponse israélienne qui a suivi à Gaza ont jusqu'à présent tué au moins 2200 personnes.

La cheffe du Nouveau Parti démocratique (NPD), Marit Stiles, a déclaré mardi soir que la déclaration de Mme Jama n'avait pas été approuvée par le caucus et lui a demandé de se rétracter et de «déclarer clairement qu'elle dénonce toute violence contre les peuples israélien et palestinien».

«Les attaques terroristes du Hamas contre des milliers de civils israéliens innocents sont injustifiables et doivent être condamnées sans équivoque», a-t-elle ajouté.

Ford réclame la démission

Mercredi après-midi, Sarah Jama n'avait pas encore retiré la déclaration ni répondu publiquement. Mme Stiles n'avait pas encore commenté son silence.

Mais le premier ministre Doug Ford a appelé Mme Jama à démissionner de son poste de députée provinciale.

«Marit Stiles et le NPD de l'Ontario ont prouvé à maintes reprises qu'ils toléraient ces opinions et actions haineuses en gardant Mme Jama dans leur caucus», a-t-il déploré dans un communiqué.

«En tant que premier ministre, je fais ce que Mme Stiles ne veut pas faire et j'appelle Sarah Jama à démissionner immédiatement de son poste de députée provinciale. Ses opinions ne représentent pas l'Ontario. Elles n'ont pas leur place à l'Assemblée législative ni dans cette province.»

Le chef libéral par intérim, John Fraser, a quant à lui demandé à Mme Stiles de retirer sa députée du caucus du NPD.

Sarah Jama a été critiquée par des groupes juifs lors de sa campagne électorale en mars, le B’nai Brith l’accusant d’être une «militante radicale anti-Israël».

Elle dit que les critiques viennent de qu'elle décrit comme une défense des droits des Palestiniens et de son association avec des groupes d'étudiants «qui avaient organisé la semaine de l'apartheid israélien sur le campus il y a dix ans», ce qui selon elle ne devrait pas être confondu avec de l'antisémitisme.

«Je suis de tout cœur contre l'antisémitisme», a-t-elle assuré lors d'un débat.

Le SCFP aussi critiqué

Le message le plus récent de Mme Jama sur la plateforme de médias sociaux X était un partage de la section ontarienne du Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP), confrontée à sa propre condamnation publique pour les déclarations de son président.

Le lendemain de l'attaque contre Israël, Fred Hahn a déclaré qu'il était reconnaissant du pouvoir de la résistance dans le monde entier, car la résistance est «fructueuse» et «apporte du progrès». M. Hahn a depuis écrit qu’il n’approuverait jamais la violence et que tout le monde méritait de vivre en paix.

Le SCFP-Ontario dit qu'il est désormais «ciblé par un lobby pro-israélien hautement organisé qui cherche à contrôler le discours anti-palestinien présenté aux Canadiens et à intimider toute personne ou organisation qui ne respecte pas ses priorités».

«Ce lobby rejette toute tentative ou même toute référence au contexte, à la nuance ou à l'appel à l'impartialité dans l'histoire d'Israël/Palestine», a écrit le syndicat dans un communiqué.

«Fidèle à son habitude, il a ciblé le président du SCFP-Ontario, Fred Hahn, et la section locale 3906 du SCFP pour leur reconnaissance des droits des Palestiniens, en vertu du droit international, à résister à l'occupation par la lutte armée.»

Allison Jones, La Presse Canadienne