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Un rapport soulève des questions sur l'entretien de tombes d'anciens combattants

durée 04h22
17 avril 2023
La Presse Canadienne, 2023
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Temps de lecture   :  

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Par La Presse Canadienne, 2023

OTTAWA — Un rapport interne d'Anciens Combattants Canada lève un drapeau rouge sur les tombes et les cimetières militaires du pays, avertissant qu'un financement plus permanent est nécessaire pour les empêcher de tomber en ruine.

Le rapport est le résultat d'un audit interne faisant suite à un examen similaire il y a six ans. À cette époque, près de 45 000 des quelque 207 000 tombes d'anciens combattants canadiens étaient en mauvais état en raison d'un manque de ressources.

Le gouvernement Trudeau a par la suite investi près de 25 millions $ sur cinq ans en financement temporaire à compter de 2018, ce qui, selon le nouveau rapport, a largement résolu le problème en facilitant des milliers de réparations.

Pourtant, les vérificateurs ont constaté que sans une augmentation permanente du financement du ministère, ce succès sera de courte durée.

«Tandis que le financement sur cinq ans [...] a permis à l'équipe d'entretien des pierres tombales de réduire considérablement l'arriéré de réparations, il sera difficile de maintenir un cycle d'inspection adéquat après le projet», est-il écrit dans le rapport.

«L'évaluation révèle que le 1,25 million $ actuellement alloué au programme d'entretien des cimetières et des pierres tombales est insuffisant pour éviter un futur arriéré d'entretien.»

Le rapport d'audit poursuit en notant que le budget annuel de 1,25 million $ est resté largement inchangé depuis 2009, même si le nombre de tombes suivies et entretenues par le ministère a augmenté de plus de 40 % au cours de la dernière décennie.

Le porte-parole du ministère des Anciens Combattants, Marc Lescoutre, a confirmé dans un courriel à La Presse Canadienne que le ministère n'avait pas augmenté le financement de base du programme d'entretien, bien qu'il ait prélevé 900 000 $ dans d'autres secteurs pour assurer des fonds suffisants.

«Le ministère explore les possibilités de rechercher un financement continu pour faire face au coût croissant de l'entretien de l'inventaire des pierres tombales et pour développer et mettre en œuvre un cycle approprié d'inspection/d'entretien des tombes», a-t-il ajouté.

Un financement temporaire dénoncé 

Les libéraux ont été critiqués à plusieurs reprises pour avoir refusé de faire des investissements permanents dans les activités d'Anciens Combattants au cours des dernières années, car ils se sont plutôt appuyés sur des fonds et du personnel temporaires pour résoudre des problèmes de longue date.

Ils ont embauché des centaines d'employés temporaires pour traiter un arriéré de demandes d'invalidité d'anciens combattants malades et blessés, ainsi que des dizaines de gestionnaires de cas temporaires pour aider le personnel permanent à faire face à leur charge de travail écrasante.

Les mesures temporaires ont été critiquées par d'anciens combattants, des fournisseurs de services et d'autres, comme la vérificatrice générale Karen Hogan, qui a fustigé l'utilisation continue de ce qu'elle appelle un financement ad hoc.

Au cours de leur examen de l'entretien des marques funéraires, les vérificateurs ont interrogé des employés d'Anciens Combattants ainsi que de la Commission des sépultures de guerre du Commonwealth, qui s'occupe des tombes de 110 000 soldats canadiens tués et enterrés à l'étranger pendant les Première et Deuxième Guerres mondiales.

Leur conclusion: «Le retour au statu quo financier après le projet d'arriéré entraînera une situation où les pierres tombales ne pourront pas être inspectées et entretenues dans le cycle actuel de 12 ans.»

«De plus, le cycle d'inspection de 12 ans lui-même a été adopté en réponse aux niveaux de financement, et non comme une pratique exemplaire. La Commission des sépultures de guerre du Commonwealth inspecte actuellement les tombes dont elle est responsable tous les six ans.»

Outre les sépultures de guerre canadiennes, la commission s'occupe également de celles des soldats britanniques, australiens, néo-zélandais et indiens tués au cours des deux grandes guerres.

Problèmes dans les cimetières

Les vérificateurs ont trouvé des problèmes dans le fonctionnement des deux cimetières que possède et exploite Anciens Combattants Canada: le cimetière Fort Massey à Halifax et le cimetière God's Acre à Esquimalt, en Colombie-Britannique, qui a récemment été agrandi pour accepter plus de tombes.

«Les installations améliorées étaient censées permettre au personnel sur place de faciliter l'augmentation des enterrements au cimetière, indique le rapport d'audit sur God's Acre. Cependant, les problèmes de santé et de sécurité liés à la structure ont limité les activités sur place.»

Des inquiétudes ont également été soulevées quant au manque de politiques formelles concernant qui peut réellement être enterré à God's Acre, comment les parcelles sont obtenues, réservées et tarifées, alors «qu'aucun processus commercial n'est en place pour le traitement des paiements funéraires».

God's Acre et Fort Massey n'avaient pas non plus de plans opérationnels à jour ou de plans pour protéger l'intégrité culturelle et historique de l'un ou l'autre des sites.

Lee Berthiaume, La Presse Canadienne