Un policier purgera une peine dans la communauté pour avoir agressé une ado au N.-B.
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Par La Presse Canadienne, 2024
SAINT-JEAN, N.-B. — Un agent de la Gendarmerie royale du Canada (GRC) au Nouveau-Brunswick reconnu coupable d'avoir agressé une jeune fille de 16 ans qu'il espérait épouser a été condamné à une peine de deux ans à purger dans la communauté.
Osama Ibrahim, 29 ans, a été reconnu coupable le mois dernier de voies de fait, d'abus de confiance, d'étouffement lors d'une agression et de port, usage ou menace d'utiliser une arme lors d'une agression. Il a été acquitté des accusations d'agression sexuelle.
Vendredi, la juge de la cour provinciale Kelly Winchester a condamné Ibrahim à l'assignation à résidence pour les neuf premiers mois, qui sera purgé chez sa sœur au Québec, bien qu'il soit autorisé à sortir de la maison pour travailler et une fois par semaine entre 13 h 00 et 16 h 00 pour effectuer des courses personnelles.
Après les neuf premiers mois, Ibrahim ne sera plus soumis au couvre-feu, mais il ne pourra pas contacter la victime ni sa famille.
La Couronne avait demandé une peine de 12 à 15 mois de prison, tandis que la défense demandait que cette peine soit purgée en résidence surveillée.
En lisant certaines parties de la déclaration de la victime, le procureur de la Couronne Christopher Lavigne a déclaré que la jeune fille souffrait de dépression et qu'elle était incapable de retourner à l'école.
Elle a dit que sa confiance envers les gens, en particulier à l'égard de la police, a été compromise et qu'elle ne se sent plus en sécurité face à l'autorité, a rapporté M. Lavigne.
La famille exploitait une entreprise dans la région de Saint John, au Nouveau-Brunswick, mais a dû la fermer parce que la victime, qui participait aux activités, ne pouvait plus travailler après l'agression.
Ibrahim était un agent de la GRC relativement nouveau et il en était à sa première affectation à Woodstock, au Nouveau-Brunswick, lorsqu'il a rencontré la victime et sa famille en juin 2021. En janvier de l'année suivante, Ibrahim a demandé à la famille la main de l'adolescente de 16 ans, selon le tribunal.
La mère a déclaré que la victime était trop jeune pour se marier et a demandé à l'accusé d'attendre qu'elle ait au moins 19 ou 20 ans. Les parents ont convenu qu'Ibrahim devrait faire connaissance avec leur fille.
Au cours du procès, il a été appris qu'Ibrahim avait accepté cet arrangement et avait commencé à rendre visite à la famille à leur domicile et à leur entreprise lorsqu'il n'était pas en service, ou en effectuant des heures supplémentaires dans un détachement voisin.
La victime avait un «intérêt amoureux» pour Ibrahim au début de la relation. Cependant, au fur et à mesure que la relation avançait, la victime a décrit avoir été agrippée par l'accusé, menottée et frappée.
La juge a indiqué que des vidéos présentées comme preuves montraient que le recours à la force était «flagrant» et que l'action n'était ni amusante ni ludique.
Ibrahim est vu en train de frapper la victime, et après les agressions, il disait qu'il «ne faisait que plaisanter», mais la jeune fille n'a pas pris ces gestes comme une plaisanterie, a affirmé la juge.
Lors de l'audience de détermination de la peine, Ibrahim a demandé «grâce» au tribunal. Il a déclaré au tribunal qu'il souhaitait s'excuser auprès de tout le monde, y compris de la famille.
Son avocat a mentionné qu'il avait démissionné de la GRC la semaine dernière et que sa démission prendrait effet le 5 février.
Hina Alam, La Presse Canadienne