Un député libéral voit les «pauses humanitaires» comme un début vers un cessez-le-feu
Temps de lecture :
2 minutes
Par La Presse Canadienne, 2023
OTTAWA — Les députés libéraux ne partagent pas tous la même interprétation de ce qu'impliquent des «pauses humanitaires» dans le conflit entre Israël et le Hamas, comme le préconise le premier ministre Justin Trudeau.
Aux yeux de l'élu néo-brunswickois René Arseneault, se prononcer en faveur de «pauses» au Proche-Orient n'est pas suffisant. «Non, c’est un début de quelque chose qui pourrait devenir suffisant, je pense (…) qu’il faut commencer par quelque chose qui va mener à ça», a dit l'élu mercredi alors qu'il se rendait à la réunion hebdomadaire du caucus libéral.
Par «ça», il entend un «cessez-le-feu» qui, espère-t-il, pourra devenir «permanent». «Je pense qu’une pause c’est un début d’aller vers le cessez-le-feu. Si on parle d’une pause, j’espère, j’ose croire et je souhaite hardiment qu’on va finir par avoir un cessez-le-feu (permanent) et que les pays occidentaux dont nous sommes arriveront à trouver une solution entre eux pour pouvoir faire cesser ce calvaire que vit le Moyen-Orient», a ajouté l'élu.
Mardi, M. Trudeau a indiqué que le Canada est favorable à des «pauses humanitaires» tout en précisant qu'il continue d'écarter la demande d'un cessez-le-feu.
«On doit rester ancrés sur la priorité de protéger les innocents, de libérer les otages. Et on est ouverts et on appuie l'idée de pauses humanitaires pour permettre l'accès à des ressources nécessaires pour les civils», a-t-il déclaré à son arrivée à la période des questions.
«Pas d'un cessez-le-feu», a-t-il ensuite noté en entrant dans la Chambre des communes.
Mercredi matin, le premier ministre ne s'est pas arrêté pour parler aux journalistes qui faisaient le pied de grue, mais il pourrait répondre à leurs questions plus tard dans la journée.
Selon le député ontarien Peter Fragiskatos, il serait «très difficile d'entrevoir une situation où le Hamas maintiendrait un cessez-le-feu».
À son avis, les définitions en droit international établissent clairement une distinction entre des pauses humanitaires et un cessez-le-feu.
«(C'est) quelque chose de différent, très différent», a-t-il affirmé.
Il n'est pas clair combien de députés libéraux ne partagent pas la même interprétation, mais, selon toute vraisemblance, MM. Arseneault et Fragiskatos ont des visions différentes.
Les ministres européens des Affaires étrangères ont convenu lundi qu’un arrêt temporaire des combats était nécessaire pour acheminer l’aide vers Gaza. Le président français Emmanuel Macron était en Israël mardi pour faire pression en faveur d’une telle «trêve humanitaire» afin d'approvisionner les civils gazaouis.
- Avec des informations de Michel Saba
Émilie Bergeron, La Presse Canadienne