Nous joindre
X
Rechercher
Publicité

Trudeau tire à boulets rouges sur Poilievre

durée 11h18
31 juillet 2023
La Presse Canadienne, 2023
durée

Temps de lecture   :  

3 minutes

Par La Presse Canadienne, 2023

OTTAWA — Logement, droits des travailleurs, inflation, soins dentaires: le premier ministre Justin Trudeau a saisi toutes les occasions qui s'offraient à lui lundi pour envoyer des pointes au chef conservateur, Pierre Poilievre, l'accusant de prôner «l'austérité et la colère» avec des propositions «irresponsables et manquant de sérieux» pour marquer des points politiques.

«Oui, il y a des défis liés au coût de la vie. Mais vous ne résolvez pas les problèmes en effrayant les gens, en attisant la colère», a-t-il répondu à une journaliste qui lui demandait s'il se sent menacé par son adversaire qui grimpe dans les sondages alors qu'il se penche abondamment sur les enjeux de logement, d'abordabilité et d'inflation.

Lors de ce point de presse à Hamilton sur le logement abordable, M. Trudeau a affirmé que son gouvernement fait des «investissements ciblés» face aux «énormes défis» que vivent les Canadiens. Or, a-t-il dit, la solution à «tout» du chef conservateur est de couper.

Il a pris en exemple le régime fédéral de soins dentaires de 13 milliards $ destiné aux Canadiens à revenu faible ou moyen qui ne sont pas couverts par une assurance collective. Les libéraux espèrent qu'il couvre les soins des enfants de moins de 18 ans, les personnes âgées et les personnes handicapées.

«Pierre Poilievre (…) a voté contre les soins dentaires, a-t-il lancé. Pourquoi dire que les soins dentaires sont bons pour les députés et leurs familles, que ce n'est pas inflationniste que les gens envoient leurs enfants chez le dentiste s'ils ont de l'argent, mais de laisser les personnes à faible revenu, les personnes qui peinent autrement à offrir un sourire plus éclatant à leurs enfants et voter contre cela au nom d'éviter une inflation plus élevée alors que l'inflation n'a cessé de baisser.»

Les trois principaux sondages réalisés en juillet créditent aux conservateurs une avance de 7 à 10 points sur les libéraux à l'échelle nationale. 

Dans une autre salve où M. Trudeau était visiblement prêt à en découdre, il a accusé le chef conservateur d'être favorable à un système de santé à deux vitesses. «Vous ne l'avez pas entendu parler des investissements que nous faisons dans les soins de santé parce qu'il ne veut rien dire à ce sujet», a résumé le premier ministre.

Et lorsqu'il a été questionné sur le conflit de travail au Port de Vancouver, le premier ministre a qualifié son adversaire de «peu crédible», lui qui a été un élément clé du gouvernement de Stephen Harper «réputé pour ses lois antisyndicales (...) qui attaquaient directement les droits des travailleurs».

«Et d'autre part, lorsqu'il s'agissait de convois de manifestants qui bloquaient l'économie canadienne, causant des difficultés aux gens partout au pays, il était là, agitant des drapeaux avec eux et les encourageant», a renchéri M. Trudeau.

Les conservateurs n'avaient pas répondu à une demande de commentaire de La Presse Canadienne au moment de publier.

Dans un communiqué de presse transmis avant l'annonce du premier ministre, ils résument ce qu'ils qualifient de «huit années de promesses non tenues et d’échecs de Trudeau en matière de logement».

«Aujourd'hui, une famille canadienne sur quatre paie plus qu'elle ne peut se permettre pour le logement, et une sur huit ne peut pas trouver un logement abordable qui est sécuritaire, convenable et bien entretenu», écrivent-ils.

La semaine dernière, le premier ministre a procédé à un remaniement ministériel costaud. Il a présenté la nouvelle équipe comme celle qui adoptera une nouvelle approche en matière de logement, d'abordabilité et de sécurité avant les prochaines élections fédérales.

Michel Saba, La Presse Canadienne