Trudeau soutient que les bombes à dispersion ne devraient jamais être utilisées
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Par La Presse Canadienne, 2023
OTTAWA — Justin Trudeau a déclaré lundi que le Canada continuerait de militer fermement pour que les bombes à dispersion «ne soient jamais utilisées», alors que les États-Unis viennent d'annoncer qu'ils envoyaient ce type de munitions pour aider l'Ukraine à repousser l'agresseur russe.
Le premier ministre a déclaré lundi aux journalistes en Lettonie, à la veille d'un sommet des leaders des pays membres de l'OTAN, que le Canada respectait la convention internationale interdisant l'utilisation de ces bombes qui dispersent de petits engins explosifs sur un vaste territoire.
Or, certains de ces nombreux engins n'explosent pas en touchant le sol, mais peuvent le faire des années plus tard, tuant des civils.
Le premier ministre a rappelé que le Canada avait été l'un des pays qui ont milité pour l'interdiction de ces bombes à sous-munitions et qu'il «continuera à défendre très fermement» cette position. Il a ajouté en français que ces bombes ne devraient «jamais» être utilisées.
M. Trudeau a abordé cette délicate question lorsqu'on lui a demandé s'il ferait pression sur l'administration de Joe Biden pour qu'elle n'envoie pas de ces bombes à l'Ukraine — ou s'il demanderait au président ukrainien, Volodymyr Zelensky, de ne pas les utiliser.
Ottawa a été dans les années 1990 le pionnier dans les efforts internationaux pour interdire les mines antipersonnel — la convention internationale est surnommée «traité d'Ottawa». Le Canada a aussi été parmi les nations les plus enthousiastes à signer la Convention de 2008 sur les armes à sous-munitions, bien que les États-Unis et l'Ukraine n'aient jamais approuvé ce traité.
La Coalition contre les armes à sous-munitions affirme que la Russie et l'Ukraine ont déjà utilisé de telles bombes dans le conflit en cours, même si ces bombes pourraient mutiler et tuer des civils des décennies après le largage initial.
Washington a fait valoir que l'Ukraine avait besoin de telles armes afin de poursuivre sa contre-offensive contre la Russie, alors que Kyiv manque de certaines armes qui ne seront pas remplacées tant que la production industrielle n'aura pas rattrapé son retard.
Washington a annoncé sa décision jeudi, quelques jours seulement avant que les chefs d'État et de gouvernement des pays de l'OTAN ne se réunissent mardi à Vilnius, capitale de la Lituanie, notamment pour faire le point sur la demande de l'Ukraine d'adhérer à l'alliance militaire.
M. Trudeau a ajouté en conférence de presse lundi qu'il comprenait que des pays envoient autant de munitions que possible à Kyiv.
En novembre dernier, lors d'une visite au Cambodge, M. Trudeau promettait près d'un million de dollars pour aider à retirer du sol les mines terrestres non explosées et les bombes à fragmentation dans les pays d'Asie du Sud-Est.
Dylan Robertson, La Presse Canadienne