Taxe sur l’immatriculation: Guilbault rejette la responsabilité sur la CMM
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Par The Canadian Press, 2024
QUÉBEC — La ministre des Transports, Geneviève Guilbault, estime qu'elle n'a rien à voir avec la décision de la Communauté métropolitaine de Montréal (CMM) de faire passer la taxe sur l'immatriculation de 59 $ à 150 $, même si c’est son gouvernement qui a donné ce pouvoir aux municipalités et qu’elles peinent à payer le déficit de leurs sociétés de transport.
«C'est une décision des municipalités, c'est un pouvoir qui relève exclusivement des municipalités. (...) C’est un pouvoir qui est demandé depuis longtemps, alors ils ont exercé leur pouvoir municipal. Ça n’a pas de lien avec le gouvernement», a lancé la ministre en mêlée de presse à l’Assemblée nationale, vendredi.
La CMM soutient que les élus ont été «contraints» de hausser cette taxe. «Cette mesure vise à combler le manque à gagner pour boucler le cadre financier estimé à 561 millions $, après les efforts d’optimisation réalisés par les sociétés de transport», écrit la CMM par voie de communiqué.
La Communauté métropolitaine de Montréal laisse entendre qu’elle pourrait revenir sur sa décision si le gouvernement du Québec augmentait sa contribution pour le transport collectif.
Les relations sont tendues entre les municipalités et la ministre Guilbault concernant les déficits des sociétés de transport.
Elle propose d’éponger une partie des déficits à hauteur de 200 millions $. Ce n’est pas suffisant, selon la CMM, qui pointe une «baisse de 38 millions $ par rapport à l’aide pour 2024 qui était déjà loin de répondre aux besoins».
«Le gros bon sens»
Geneviève Guilbault maintient que son gouvernement est extrêmement généreux au chapitre du transport collectif. «Le gouvernement a donné 2,3 milliards $ pour le transport collectif seulement depuis la pandémie», a-t-elle affirmé.
«L'ensemble des régions du Québec ne peut pas éponger systématiquement des déficits d'un demi-milliard de dollars pour du transport collectif dans le Grand Montréal, alors c'est le gros bon sens», a ajouté la ministre.
Mme Guilbault a aussi pointé le «désengagement complet» du gouvernement fédéral. «Il ne finance pas les opérations de transport collectif et il n'a même plus de programmes pour financer les infrastructures de transport collectif», a-t-elle lancé.
Thomas Laberge, La Presse Canadienne