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Singh tente d'augmenter la pression sur Trudeau pour qu'il réclame un cessez-le-feu

durée 07h15
23 octobre 2023
La Presse Canadienne, 2023
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3 minutes

Par La Presse Canadienne, 2023

OTTAWA — Le chef néo-démocrate Jagmeet Singh tente d'accroître la pression sur le premier ministre Justin Trudeau alors que des élus du caucus de ce dernier réclament un cessez-le-feu pour mettre fin aux
violences Proche-Orient.

«Un nombre croissant de députés vous demandent de plaider en faveur d'un cessez-le-feu. Ces élus, y compris certains de votre propre parti, ajoutent leur voix à un nombre croissant d'appels internationaux», a écrit M. Singh dans une lettre à M. Trudeau partagée lundi aux médias.

Il demande, dans cette missive, à avoir une «rencontre d'urgence» avec le premier ministre. La réunion, selon son souhait, viserait à «discuter de la manière dont nous pouvons travailler ensemble pour mettre fin à la violence avec un cessez-le-feu, faire sortir les Canadiens et Canadiennes de la région, assurer le retour en toute sécurité de tous les otages et insister pour que le droit international soit respecté».

«(Les députés fédéraux) s’ajoutent à la voix du NPD qui plaide pour un cessez-le-feu et le relâchement des otages depuis plus d’une semaine déjà», a fait valoir le chef du Nouveau Parti démocratique (NPD).

Jusqu'à présent, le NPD est le seul parti fédéral reconnu à la Chambre des communes à réclamer un cessez-le-feu entre Israël et le Hamas.

M. Singh s'est fait demander, la semaine dernière, si une telle position est réaliste dans le contexte actuel.

«C'est humaniste. C'est compassionné. Parce qu'on est dans une situation où si la violence continue, on va avoir plus de morts, plus de destruction, a-t-il répondu en mêlée de presse. C'est pourquoi on demande que tous les otages soient libérés et un cessez-le-feu peut sauver des vies.»

Au Bloc québécois, le chef Yves-François Blanchet, qui insiste sur «la nécessité de neutraliser le Hamas», ne voit pas comment un cessez-le-feu pourrait se produire.

«Tout le monde veut un cessez-le-feu. Je veux un cessez-le-feu. (...) Comment peut-on ne pas vouloir un cessez-le-feu? (...) Je dis juste que, pour l'instant, le dire pour le dire c'est une posture qui n'est peut-être pas réaliste», a-t-il déclaré.

Des lignes de fracture avec la position officielle du gouvernement de Justin Trudeau ont commencé à transparaître publiquement parmi les troupes libérales.

«Un cessez-le-feu doit être réclamé», a lancé le député Shafqat Ali à l'adresse des journalistes, mercredi dernier.

M. Ali, qui représente une circonscription de la banlieue de Toronto, a insisté pour dire que «l'histoire montre que la violence n'a jamais résolu de problèmes».

Son collègue montréalais de Pierrefonds—Dollard, Sameer Zuberi, a essuyé ses larmes devant les journalistes en affirmant que son gouvernement devrait «nommer les choses clairement» en ce qui a trait au bombardement de la bande de Gaza par l'armée israélienne.

«Nous devons reconnaître clairement que les bombes tombent sur des enfants innocents, des adultes, des personnes âgées, qui sont larguées par les militaires israéliens. Une boucherie, voilà ce que c'est», a-t-il déclaré.

De même, le député, un musulman, avocat de formation et ancien soldat formé aux conventions de Genève, a refusé de dire si Israël commet des crimes de guerre, voire un génocide, non sans souligner à grands traits la pertinence de la question.

«C'est une bonne question. On doit poser la question», a dit M. Zuberi, la voix tremblante.

Questionné vendredi dernier au sujet des points de vue divergents au sein de son caucus, M. Trudeau a reconnu que ceux-ci existent. Il a aussi souligné que les élus libéraux partagent des craintes communes au sujet de la situation au Proche-Orient.

«Tout le monde souffre, tout le monde est en deuil, tout le monde a peur de ce que cela signifie», a déclaré M. Trudeau depuis Brampton, en Ontario.

Les conservateurs, de leur côté, plaident qu'«Israël a le droit de se défendre».

«En même temps, il faut respecter les lois internationales», a dit le lieutenant pour le Québec des conservateurs, Pierre Paul-Hus.

Est-ce qu'Israël les respecte? «Ça fait partie des choses que, je pense, le gouvernement a comme discussions avec les partenaires.»

M. Trudeau a eu dimanche une discussion téléphonique avec le président des États-Unis, Joe Biden, le président de la France, Emmanuel Macron, le chancelier d’Allemagne, Olaf Scholz, la première ministre d’Italie, Giorgia Meloni, et le premier ministre du Royaume-Uni, Rishi Sunak.

- Avec des informations de Michel Saba et de Dylan Robertson

Émilie Bergeron, La Presse Canadienne