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Regard sur le premier ministre réélu de la Nouvelle-Écosse, Tim Houston

durée 19h45
26 novembre 2024
La Presse Canadienne, 2024
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4 minutes

Par La Presse Canadienne, 2024

HALIFAX — Tim Houston a parié que les électeurs de la Nouvelle-Écosse rééliraient les conservateurs progressistes avec une nouvelle majorité, même s’il a ignoré la loi sur les élections à date fixe de son gouvernement.

Il s’agissait de la première loi adoptée par son gouvernement en 2021, fixant les prochaines élections à juillet 2025. Au lieu de cela, il a appelé les électeurs aux urnes mardi et il a gagné son pari: les Néo-Écossais ont donné à son parti une majorité élargie.

Depuis sa première élection à l’Assemblée législative provinciale en 2013, représentant la circonscription de Pictou-Est, M. Houston, âgé de 54 ans, est largement apparu comme un politicien combatif. S’étant fait connaître en tant que critique féroce de l’ancien premier ministre libéral Stephen McNeil, M. Houston semblait apprécier le rôle d’épine dans le pied de M. McNeil lors des débats à l’Assemblée législative.

Élu chef du parti en 2018, Tim Houston est devenu premier ministre trois ans plus tard lorsque les conservateurs ont remporté la majorité. Il a depuis cimenté son image publique de défenseur partisan du bilan de son gouvernement.

Mais le premier ministre conservateur réélu insiste sur le fait qu’il a un côté plus doux.

«C’est intéressant de constater que, lorsque je rencontre des gens, ils me disent généralement deux ou trois choses», a-t-il raconté dans une récente interview avec La Presse Canadienne.

«La première chose qu’ils disent, c’est: “Tu es plus grand que je ne le pensais”, et la deuxième chose, c’est: “Tu es plus gentil que je ne le pensais”.»

Lorsque M. Houston a déclenché les élections à la fin du mois dernier, il a déclaré qu’il avait besoin d’un nouveau mandat pour faire face à un gouvernement fédéral qui, selon lui, a sous-estimé la Nouvelle-Écosse. En tête de sa liste de griefs figurent l’imposition par Ottawa d’une tarification du carbone et son refus de payer l’intégralité du coût de la protection de l’isthme de Chignectou, les terres basses entre le Nouveau-Brunswick et la Nouvelle-Écosse qui sont de plus en plus exposées à de graves inondations.

M. Houston ne s’excuse pas de sa relation difficile avec les libéraux fédéraux et affirme qu’il continuera de défendre sa province s’il est réélu, peu importe qui se retrouvera au pouvoir après les prochaines élections fédérales.

«Quiconque sera à Ottawa verra le même Tim Houston que le premier ministre Trudeau (voit), a-t-il assuré. Sur les questions sur lesquelles nous pouvons travailler ensemble (…) alors nous nous entendrons très bien, mais sur les questions où ils essaient de léser la Nouvelle-Écosse, les Néo-Écossais, ils m’entendront à ce sujet.»

Enfant de militaires

Né à Halifax, Houston a grandi dans une famille de militaires et a passé ses premières années à se déplacer dans différentes régions du pays, notamment à l’Île-du-Prince-Édouard, en Ontario et en Colombie-Britannique, avant que sa famille ne s’installe à Halifax. Il a déclaré que l’expérience d’être un «enfant de base» a joué un rôle important dans sa vision des choses.

«Je pense que grandir dans une famille de militaires vous apprend beaucoup sur la résilience, vous déménagez beaucoup, vous vous faites de nouveaux amis (…) ça vous apprend beaucoup sur la structure et sur la façon de vous entendre avec les gens.»

Il a dit qu’il n’avait pas grandi dans une famille politique et qu’il ne s’était intéressé à la politique qu’à son retour en Nouvelle-Écosse en 2007, après avoir passé plus d’une décennie aux Bermudes, où il a travaillé comme comptable agréé dans la finance internationale.

Tim Houston et sa femme Carol ont deux enfants, Paget et Zachary.

Attiré par les échanges des joutes politiques, M. Houston a confié qu’il y avait eu des moments où il devait se dire «Ok, tu as fait valoir ton point de vue». «Je pense qu’en tant que premier ministre, j’ai montré que j’étais à l’écoute, a-t-il déclaré. Parfois, nous nous trompons et lorsque quelqu’un peut nous prouver que nous avons tort, j’ai alors l’obligation d’être un adulte et de le reconnaître.»

L’un de ces moments s’est produit lors de la récente session d’automne de l’Assemblée législative, lorsque le gouvernement a adopté un projet de loi du NPD déclarant que la violence conjugale était une épidémie dans la province. Ce revirement rapide est survenu moins d’une heure après que M. Houston a déclaré aux journalistes qu’il ne pensait pas que la législation était nécessaire – et après une conversation tendue avec quatre femmes du syndicat du secteur privé Unifor qui défendaient le projet de loi.

Pendant la campagne électorale, les principaux problèmes étaient les soins de santé, le manque de logements abordables et le coût élevé de la vie. En ce qui concerne l’avenir, M. Houston a déclaré qu’il reconnaissait que la situation politique mondiale pourrait poser des défis à la province, en particulier dans ses relations avec les États-Unis et le président élu Donald Trump, qui a menacé d’imposer un tarif d’importation de 25 % sur les marchandises en provenance du Canada et du Mexique. Malgré l’incertitude politique, il a souligné que la promesse de M. Trump d’obliger des pays comme le Canada à augmenter leur contribution à l’OTAN à 2 % du PIB constituait une opportunité potentielle pour la Nouvelle-Écosse, qui dispose d’une forte présence militaire. Il a déclaré qu’il est probable que les dépenses de défense du Canada augmenteront. «Si nous naviguons bien, cela pourrait être incroyablement bénéfique pour notre économie, a avancé M. Houston. Les eaux (politiques) seront agitées, mais avec un peu de vision, de clarté et un leadership fort, nous pouvons très bien nous en sortir.»

Keith Doucette, La Presse Canadienne