Projet de loi sur le travail des enfants: début des consultations particulières mardi
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Par La Presse Canadienne, 2023
QUÉBEC — C'est mardi que débuteront les consultations particulières sur le projet de loi 19 qui vise à limiter la présence d'enfants sur le marché du travail.
Une quinzaine de groupes ont été invités à présenter leur mémoire devant la Commission de l'économie et du travail sur cet enjeu qui provoque un certain débat de société.
D'une part, on veut protéger la santé et la sécurité des enfants, et les encourager à rester sur les bancs d'école; d'autre part, on s'inquiète de cette intrusion de l'État dans la vie des gens et de l'impact sur les commerces.
Lundi, l'Association québécoise de la quincaillerie et des matériaux de construction a salué «l'esprit général» du projet de loi, mais a dit redouter du même coup les «répercussions» dans les quincailleries de la province.
Son président, Richard Darveau, qui ne présentera pas de mémoire, a tout de même fait parvenir une lettre de commentaires à la commission.
S'il est adopté, le projet de loi 19 fixera à 14 ans l'âge minimal pour travailler au Québec, et interdira aux jeunes de 14 à 16 ans de travailler plus de 17 heures par semaine pendant l'année scolaire hormis les congés.
«Le projet de loi aura des impacts majeurs quant à la disponibilité de la main-d'œuvre requise en quincaillerie, puisque l'embauche d'étudiants à temps partiel permet (...) d'assurer les services aux clients», a écrit M. Darveau.
«Ces nouvelles dispositions auront pour effet d'accentuer la pression sur les gestionnaires, qui doivent effectuer toute une gymnastique (...) pour assurer le bon fonctionnement de leurs entreprises», a-t-il renchéri.
M. Darveau réclame que la Loi sur les heures et les jours d'admission dans les établissements commerciaux soit resserrée «de manière à réduire le nombre d'heures légales qu'on peut ouvrir par semaine».
De son côté, Manufacturiers et Exportateurs du Québec (MEQ) — qui représente 1100 manufacturiers à travers le Québec — se dit «satisfaite» du projet de loi, puisqu'il aura un impact positif sur les jeunes.
«Pour nous, il est clair que de faire travailler des enfants n'est pas une solution à la pénurie de main-d'œuvre. (...) Nous devons veiller à assurer leur sécurité», a déclaré la présidente-directrice générale de MEQ, Véronique Proulx.
«Aussi, avec les enjeux de littératie et de numératie que connaît le Québec, il faut favoriser la persévérance scolaire tout en reconnaissant que le travail peut être bénéfique pour certains.
«MEQ considère que le cadre proposé par le ministre Jean Boulet répond à ces préoccupations», a-t-elle ajouté.
Le regroupement de manufacturiers recommande par ailleurs d'améliorer la collecte et de la diffusion de données sur le phénomène. Il réclame un portrait statistique «clair», qui serait mis à jour sur une base annuelle.
«(Cela) permettrait d'avoir une (...) meilleure compréhension du lien avec le nombre d'accidents de travail. Des efforts supplémentaires de sensibilisation en matière de normes du travail seraient aussi pertinents», écrit-il.
Le projet de loi 19 a été somme toute bien accueilli par les élus de l'Assemblée nationale. Le chef conservateur Éric Duhaime, lui, a entre autres dénoncé l'intrusion de l'État dans la vie des familles.
Caroline Plante, La Presse Canadienne