Procès du blocage de Coutts: un accusé a été berné par la GRC, plaide son avocate
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Par La Presse Canadienne, 2024
LETHBRIDGE, Alta. — L'avocate d’Anthony Olienick affirme qu’il s’est rendu au poste frontalier de Coutts, en Alberta, pour y faire une déclaration pacifique, mais qu’il a finalement été pris au piège par des policières de la Gendarmerie royale du Canada (GRC) qui ont flirté avec lui et qui lui ont menti.
Dans sa plaidoirie finale mardi devant un jury de Lethbridge, en Alberta, Marilyn Burns a déclaré que M. Olienick avait été victime d’une «opération policière désastreuse».
M. Olienick et Chris Carbert sont accusés de complot en vue d’assassiner des policiers après la découverte d’une cache d’armes à feu, de gilets pare-balles et de munitions dans des caravanes stationnées à Coutts, au début de 2022, lors d'un blocus visant à protester contre les restrictions sanitaires imposées durant la pandémie de COVID-19.
D’autres armes, munitions et bombes artisanales ont ensuite été trouvées au domicile de M. Olienick.
Les jurés entendent des témoignages depuis sept semaines sur cette cause.
Trois policières infiltrées dans la manifestation ont témoigné que M. Olienick leur avait dit que le blocus était le combat de sa vie.
Elles ont rapporté que l'accusé considérait la police comme des pions dociles du premier ministre «diabolique» Justin Trudeau, et qu’il avait juré d’égorger les policiers s’ils prenaient d’assaut les barricades.
Me Burns a exhorté les jurés à ne pas tenir compte du témoignage des policières infiltrées, le qualifiant de marbré de mensonges. «Les agentes infiltrées admettent librement qu’elles sont entraînées à mentir», a relevé Me Burns.
«Je dirais que c’était douloureusement évident au cours du procès», a-t-elle ajouté.
Me Burns avait précédemment accusé une policière d’avoir flirté avec M. Olienick pour obtenir des informations pendant qu'elle était sous couverture, une pratique qui violerait les règles juridiques et éthiques.
L'avocate a noté que la policière avait envoyé des messages textes à M. Olienick avec des émojis en forme de coeur. Me Burns a souligné que les cœurs suggéraient de l’affection, mais la policière a répondu qu’ils étaient destinés à montrer leur approbation du message, pas du messager.
Me Burns a également contesté l’allégation selon laquelle Anthony Olienick et Chris Carbert auraient conspiré ensemble, précisant que le premier n'était qu'une vague connaissance du second.
«Les deux hommes assis en face de vous ne devraient pas être ensemble», a déclaré l’avocate.
«Avec qui M. Olienick aurait-il conspiré pour assassiner des policiers ? La réponse est personne.»
Les jurés devraient commencer leurs délibérations mercredi.
MM. Carbert et Olienick sont également accusés de méfait et de possession d’une arme dans un but dangereux. Anthony Olienick fait également face à une autre accusation de possession d’une bombe artisanale.
Bill Graveland, La Presse Canadienne