Prix de Loblaw: «Clairement grâce à nos efforts», dit Jagmeet Singh
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Par La Presse Canadienne, 2022
OTTAWA — Le Nouveau Parti démocratique s'est attribué lundi le mérite du gel des prix annoncé par Loblaw sur ses produits de marque Sans Nom, alors que les élus fédéraux doivent se prononcer de façon imminente quant à la tenue d'une enquête sur le prix du panier d'épicerie.
«C'est clairement grâce à nos efforts qu'on a forcé les grandes entreprises d'épicerie à évaluer leurs prix parce qu'on a dit qu'on va enquêter», a fanfaronné son chef Jagmeet Singh lors d'une conférence de presse au parlement.
Cependant, M. Singh n'a pas voulu parler d'une «victoire» et a même estimé que ce n'est «pas suffisant» puisque les prix en question ont été gelés alors qu'ils étaient élevés.
L'exemple du plus grand détaillant en alimentation du Canada prouve cependant, a-t-il soutenu, que le NPD «a raison» lorsque ses députés s'époumonent à répéter que les grandes chaînes d'épicerie ont le pouvoir de «fixer ou déterminer le prix de la nourriture», que le gouvernement doit jouer un rôle pour les forcer à les réduire et qu'une enquête est nécessaire sur la façon dont ils sont déterminés.
Tôt lundi, Loblaw a annoncé qu'il gèlera les prix des produits de marque Sans Nom, soit plus de 1500 articles d'épicerie, jusqu'au 31 janvier en expliquant que l'inflation alimentaire fait monter en flèche les factures d'épicerie.
Le président de Loblaw, Galen G. Weston, a mentionné dans un message que le prix d'un panier moyen d'épicerie a augmenté d'environ 10 % cette année et a affirmé que les augmentations de prix sont généralement raisonnables et découlent de l'augmentation des coûts de base pour les fournisseurs.
Et à ceux qui croient que c'est un peu simple de pointer les chaînes d'épicerie alors que l'inflation les force elles aussi à augmenter les salaires qu'elles versent et qu'elles paient plus cher les produits qu'elles revendent, M. Singh répond que les producteurs et les travailleurs ne sont pas payés davantage.
«Dans ce cas où les travailleurs n'ont pas reçu une grande augmentation de leurs salaires, les producteurs n'ont pas vu aussi une même augmentation de l'argent qu'ils reçoivent (...) avec des profits élevés des grandes entreprises d’épicerie et les grands bonus que les PDG ont reçus, ça nous montre qu'il y a quelque chose qui se passe», a-t-il déclaré.
Après la période des questions, la Chambre des communes devra se prononcer sur une motion du NPD réclamant que le gouvernement s'attaque à «la cupidité» des entreprises du secteur des épiceries. Le parti tente d'ailleurs de les accuser de «cupidiflation» en leur attribuant une partie du blâme pour l'inflation.
La motion réclame que le Bureau de la concurrence mène une enquête sur les profits des chaînes de marchés d’alimentation, alourdisse les sanctions pour la fixation des prix et durcisse les lois sur la concurrence afin d’interdire aux entreprises d’abuser de «leur position dominante dans un marché pour exploiter les acheteurs ou les producteurs agricoles».
À l'initiative du NPD, le comité permanent de l'agriculture et de l'agroalimentaire a décidé il y a deux semaines qu'il se penchera prochainement sur l'inflation dans la chaîne d'approvisionnement alimentaire et l'augmentation du coût des produits d'épicerie. Il examinera notamment les profits des grandes chaînes d'épicerie par rapport aux salaires des employés et au coût des produits d'épicerie au pays.
Les grands patrons des chaînes d'épicerie seront invités à témoigner de même que des économistes, des syndicats et des agriculteurs.
Michel Saba, La Presse Canadienne