Premier jour de grève pour des milliers de fonctionnaires fédéraux
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Par La Presse Canadienne, 2023
OTTAWA — Des centaines de fonctionnaires fédéraux défilaient mercredi matin devant l’édifice du Centre en rénovation du Parlement au premier jour de leur grève déclenchée faute d'avoir conclu une entente sur le renouvellement de leur convention collective avant la fin de leur ultimatum.
L'Alliance de la fonction publique du Canada (AFPC), qui compte 155 000 membres concernés par cette négociation, a annoncé la veille le déclenchement de la grève à l'échelle du pays dès minuit.
Le syndicat se désole que ses enjeux «n'ont toujours pas été abordés par l'employeur» après près de deux ans de négociation. La question du télétravail — une priorité pour les membres de l'Alliance — semble poser un sérieux problème pour le Conseil du trésor.
À son arrivée à la réunion du conseil des ministres en matinée, la présidente du Conseil du trésor, Mona Fortier, a affirmé être «convaincue» qu'une entente est possible.
«On sait que présentement il y a une grève et on va continuer de travailler à la table pour trouver une entente», a-t-elle déclaré.
La patience des Canadiens
Questionné à savoir s'il considère déposer une loi spéciale pour forcer le retour au travail des fonctionnaires, le premier ministre Justin Trudeau, a indiqué qu'il attend de voir «ce que ça va donner quand ils vont retourner à la table de négociations» et qu'il n'entend pas «devancer les réflexions».
«Je sais que les Canadiens ne vont pas être énormément patients si ça continue trop longtemps», a-t-il toutefois ajouté.
L'adoption d'une loi spéciale est devenue plus délicate depuis l'arrêt Saskatchewan de la Cour suprême du Canada, en janvier 2015.
Cet important arrêt en matière de droit du travail a accordé une protection constitutionnelle au droit de grève. Le plus haut tribunal du pays avait alors statué que le droit de grève était une façon de rééquilibrer les forces entre les parties patronale et syndicale.
Singh sur la ligne de piquetage
À l'extérieur, les grévistes marchaient dans un parcours circulaire délimité par des clôtures, tout près de la flamme du centenaire. Les services de sécurité du Parlement empêchaient les travailleurs de former une ligne de piquetage devant l’édifice de l’Ouest, soit celui qui héberge actuellement la Chambre des communes.
Le chef néo-démocrate Jagmeet Singh est allé marcher avec les fonctionnaires brièvement et serrer leurs mains avant de se rendre à la réunion de son caucus.
Le grand syndicat pancanadien représente 120 000 fonctionnaires fédéraux œuvrant dans les différents ministères et 35 000 syndiqués à l'Agence du revenu du Canada qui sont directement concernés par ce débrayage.
Tant le gouvernement que le syndicat prévoient tenir un point de presse sur l'heure du midi.
Le gouvernement affirme tenter de conclure des ententes «équitables et concurrentielles pour les fonctionnaires et raisonnables pour les contribuables».
L'employeur propose actuellement une augmentation salariale de 9 % sur trois ans et reproche au syndicat d'«insister sur des demandes qui sont inabordables et qui auraient de graves répercussions sur la capacité du gouvernement de fournir les services à la population canadienne».
- Avec des informations d'Émilie Bergeron
Michel Saba, La Presse Canadienne