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Plus de travail doit être fait sur la transparence, selon d'ex-dirigeants du SCRS

durée 06h37
31 janvier 2024
La Presse Canadienne, 2024
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Par La Presse Canadienne, 2024

OTTAWA — D'anciens hauts placés du Service canadien du renseignement de sécurité (SCRS) estiment qu'il y a des «façons d'être plus transparent» quant à l'information classifiée et qu'il y a de «l'espace pour pousser» en faveur de davantage de divulgation.

«Je pense que plus de travail doit être fait et (que) c'est important pour la crédibilité des agences», a dit l'ex-directeur adjoint du SCRS, Alan Jones, en témoignant devant la commission d'enquête sur l'ingérence étrangère.

Environ 80 % des documents reçus jusqu'à présent par l'équipe de la commissaire, Marie-Josée Hogue, sont classifiés. Parmi ceux-ci, 80 % ont les cotes de protection les plus élevées, c'est-à-dire qu'ils sont considérés comme «très secrets» ou plus.

Depuis qu'elle a été nommée à la tête de cette enquête publique et indépendante, Mme Hogue insiste sur sa volonté de maximiser la quantité d'informations qui pourra être divulguée.

L'ancien numéro un du renseignement canadien, Richard Fadden, croit que la «culture» qui s'est installée au fil du temps au sein des agences de renseignement est de favoriser davantage la protection d'informations que la divulgation. Les responsables gouvernementaux ne le font pas sciemment, à son avis.

«Il n'y a pas de défenseur de la transparence dans le système en entier (...) alors tout le monde, d'une certaine façon, va de l'avant avec la perspective qu'ils maintiennent un équilibre approprié», a dit M. Fadden.

M. Jones a mentionné qu'une façon de déclassifier des informations serait de réviser si le risque que posait la divulgation, il y a plusieurs années, existe toujours au fil du temps.

«Il peut y avoir de la latitude en matière d'innovation et d'étendue en faveur d'une plus grande divulgation», juge-t-il.

Les deux anciens dirigeants sur SCRS entendus par la commissaire Hogue et son équipe ont tous deux tenu à souligner l'importance de garder des documents secrets dans le but de protéger la vie de sources.

Ils ont aussi souligné que la décision de divulguer ou non ne repose, pas uniquement sur la prérogative du Canada, bien souvent. De nombreux éléments d'information sont fournis par d'autres pays, comme des alliés à travers l'alliance de renseignement multinationale Five Eyes.

Émilie Bergeron, La Presse Canadienne