Pièces réparées au Canada d’un gazoduc russe: manifs et appel de Zelensky à Trudeau
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Par La Presse Canadienne, 2022
MONTRÉAL — La décision du gouvernement canadien d’envoyer en Allemagne des pièces réparées d’un gazoduc russe suscite l’ire du président de l’Ukraine, dont le pays tente de repousser les soldats russes de son territoire depuis le 24 février dernier.
Le président Volodymyr Zelensky devrait d'ailleurs exprimer son mécontentement de vive voix au premier ministre Justin Trudeau lors d'un entretien téléphonique dimanche.
La décision du gouvernement canadien de permettre l'envoi des turbines à la société énergétique russe Gazprom en Allemagne, contrevenant ainsi à ses propres sanctions économiques contre la Russie, suscite aussi beaucoup de mécontentement au pays.
À Ottawa, les députés conservateurs ont exigé vendredi que des ministres libéraux de premier plan expliquent la décision controversée lors d’une réunion spéciale du Comité des affaires étrangères la semaine prochaine.
Les libéraux ont accepté que la ministre des Affaires étrangères, Mélanie Joly, et le ministre des Ressources naturelles, Jonathan Wilkinson, répondent aux questions.
Deux manifestations pour dénoncer l'envoi en Europe des turbines de Nord Stream 1, une canalisation qui permet donc à la Russie d'exporter son gaz vers l'Allemagne, sont prévues dimanche après-midi à Ottawa, mais aussi à Montréal où est située l’usine Siemens qui a réparé les turbines et obtenu la permission de les renvoyer, sans pénalité, en Allemagne, malgré les sanctions économiques imposées au régime de Vladimir Poutine pour son invasion de l'Ukraine.
Le mois dernier, la Russie a réduit de 60 % les livraisons de gaz en Allemagne à partir de son gazoduc Nord Stream 1, invoquant des problèmes techniques liés aux turbines.
La vice-première ministre Chrystia Freeland a déclaré samedi, en marge d'une réunion des ministres des Finances du G20 à Bali, en Indonésie, que la décision du Canada de renvoyer les pièces réparées du gazoduc russe était difficile, mais nécessaire.
Le gouvernement canadien soutient avoir pris cette décision en attendant la transition pour limiter la dépendance énergétique de l'Europe face à la Russie.
«En l’absence d’un approvisionnement nécessaire en gaz naturel, l’économie allemande subira des difficultés très importantes, et les Allemands eux-mêmes risquent de ne pas pouvoir chauffer leurs maisons à l’approche de l’hiver», indiquait la semaine dernière le ministre Wilkinson.
La Presse Canadienne