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Pas de répit pour les urgentologues en été

durée 10h40
7 août 2026
La Presse Canadienne, 2026
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Par La Presse Canadienne, 2026

MONTRÉAL — Les urgences de la province ont tendance à moins déborder en été, mais cela ne veut pas dire pour autant que les urgentologues ont droit à un répit. Leur pratique s'est alourdie dans les dernières années et on ne peut plus appliquer la «même recette», soutient la présidente de l'Association des médecins d'urgence du Québec (AMUQ), la Dre Marie-Maud Couture.

Les médecins d'urgence voient en moyenne 15 à 20 patients par quart de travail, qui dure généralement de 8 à 12 heures. «Notre vitesse reste à peu près toujours la même au fil des années, sauf que c'est plus difficile depuis 10 ans, les cas sont beaucoup plus complexes, même à la petite urgence», indique Dre Couture.

Quand elle a commencé sa pratique il y a 20 ans, c'était possible de voir environ 30 patients par quart de travail. Les cas demandent désormais plus de temps, notamment en raison du vieillissement de la population.

«On n'a pas adapté vraiment notre système. Oui, il y a le soutien à domicile, il y a le GAP (Guichet d'accès à la première ligne), entre autres, mais le fardeau des patients âgés ou des patients très malades augmente au niveau de la société et on applique la même recette. On n'a pas adapté notre façon de faire», déplore Dre Couture.

Un autre aspect de la pratique qui a changé est que les urgentologues font plus de suivis avec leurs patients. «On en fait revenir un peu plus parce qu'on n'a pas de garantie qu'ils vont avoir accès à des soins en externe. Ça, c'est très différent de région en région, mais je dirais que c'est un phénomène où on revoit nos patients, même si on n'est pas des médecins de famille parce qu'on ne peut pas abandonner la population», soupire Dre Couture.

Elle s'est demandé pourquoi les urgentologues sont si épuisés. «Même si le taux d'occupation est plus bas, globalement, à l'échelle provinciale, les médecins sont essoufflés à l'urgence. Les équipes sont essoufflées parce que nos patients sont vraiment malades. Et il n'y a pas de bonne statistique pour démontrer ça. Ça se quantifie mal la gravité ou la sévérité d'un patient», dit-elle.

Il existerait des indices de gravité qui sont utilisés à travers le monde, mais ils n'ont pas encore été importés au Québec, mentionne la présidente de l'AMUQ. Elle tente de plaider sa cause auprès du ministère de la Santé, insistant sur le fait que les données ne doivent pas montrer seulement le taux d'occupation.

Un été particulièrement occupé

Le taux d'occupation des civières dans les urgences du Québec a oscillé autour de 115 % dans les derniers jours. «On confond souvent le taux d'occupation des civières avec l'achalandage, avec la charge de travail. Notre charge de travail est plus complexe, elle s'alourdit, mais elle est constante. On est à une vitesse de croisière qui est à peu près toujours la même. On s'adapte évidemment, mais ça ralentit rarement», commente Dre Couture.

«Cette année, les mois de juin et juillet ont été particulièrement corsés en termes d'achalandage dans l'ambulatoire», indique Dre Couture. Cela veut dire beaucoup de P4 et P5, les problèmes de santé classés comme mineurs à l'urgence.

Dans la région de Montréal, le taux d'occupation a été «extrême» cet été, pointe la docteure.

Les causes sont multiples. Une explication serait que plusieurs cliniques ferment sur un même territoire pendant la période estivale, sans nécessairement se coordonner entre elles. Les patients pris en charge à la clinique continuent d'avoir des besoins et souvent, ils se tournent vers l'urgence. Il y a aussi moins de places disponibles au GAP.

La couverture en santé de La Presse Canadienne est soutenue par un partenariat avec l’Association médicale canadienne. La Presse Canadienne est seule responsable de ce contenu journalistique.

Katrine Desautels, La Presse Canadienne