Ottawa conclut deux ententes pour son Plan contre la violence fondée sur le sexe
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Par La Presse Canadienne, 2023
MONTRÉAL — Ottawa annonce avoir conclu deux premières ententes avec la Saskatchewan et le Manitoba en marge de son Plan d’action national pour mettre fin à la violence fondée sur le sexe.
Dans les deux cas, ces ententes comprennent un peu plus de 20 millions $ d’argent fédéral sur quatre ans, ce qui implique que les provinces en verseront autant.
Le Québec ne participe pas à ce programme tel qu’élaboré par Ottawa, le gouvernement Legault ayant voulu conserver pleine juridiction en la matière lorsque l’entente a été conclue en novembre dernier lors d’une rencontre fédérale-provinciale à New Glasgow, en Nouvelle-Écosse.
Québec s’était ainsi prévalu de son droit de retrait avec pleine compensation et, en annonçant la conclusion de ces deux ententes, mardi, le gouvernement fédéral a précisé qu’il versera des fonds à la province «pour appuyer ses efforts pour prévenir la violence fondée sur le sexe et lutter contre elle».
Il a toutefois été impossible au moment d’écrire ces lignes d’obtenir des détails quant à l’avancement des discussions entre Ottawa et Québec dans ce dossier.
La réticence du gouvernement Legault n’est guère étonnante, alors que le Plan fédéral engage notamment les provinces et territoires à «présenter des rapports annuels en fonction d’un cadre de résultats escomptés». Québec a toujours refusé de se soumettre à une reddition de comptes au fédéral dans le domaine de la santé et des services sociaux, estimant qu’il s’agit là de sa juridiction exclusive.
11 millions $ de victimes
Le Plan fédéral vise à soutenir les victimes et leurs proches et comprend un important volet de prévention. Mais l’atteinte d’un Canada sans violence fondée sur le sexe, qui est l’objectif ultime du Plan, n’est pas un acquis envisageable à court terme.
«Quand on voit que 11 millions de personnes au Canada ont subi de la violence de partenaires intimes au moins une fois à l'âge de 15 ans, nous savons que nous devons agir. La question ne se pose même pas», a fait valoir la ministre des Femmes, de l’Égalité des genres et de la Jeunesse, Marci Ien, lors de son passage à Saskatoon pour annoncer l’entente avec la Saskatchewan.
Elle a également insisté sur l’impact disproportionné de la violence fondée sur le sexe au sein des communautés autochtones et des communautés culturelles et sur le faible taux de déclaration de ces crimes. «Il y a beaucoup de cas qui ne sont pas rapportés. Nous obtenons les chiffres de cas que nous connaissons. Nous n'obtenons pas les chiffres des cas que nous ne connaissons pas, de celles qui subissent, mais qui ont trop peur de le dire», a-t-elle déclaré.
D’où l’importance, selon elle, de lancer une «conversation nationale honnête» sur le sujet et d’amener «les hommes et les garçons dans cette conversation pour briser le cycle générationnel de violence».
Pierre Saint-Arnaud, La Presse Canadienne