OTAN: hausse du financement prévue, celui du Canada est sous la loupe
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Par La Presse Canadienne, 2023
VILNIUS, Lituanie — Le secrétaire général de l'OTAN, Jens Stoltenberg, n'a pas caché le fait qu'il attend plus d’argent de la part des pays membres de l’Alliance atlantique lors du sommet de leurs dirigeants qui s’ouvre ce mardi à Vilnius, en Lituanie.
L'objectif convenu a été que chacun des 31 pays consacre environ 2 % de son Produit intérieur brut (PIB) à la défense.
Le Canada a accepté l'objectif, mais n'a pas révélé de plan pour l'atteindre, ses dépenses actuelles se situant juste en dessous de 1,3 %.
Le premier ministre Justin Trudeau et la ministre de la Défense nationale, Anita Anand, écartent les allégations que le Canada ne fait pas sa juste part. Mais certains observateurs disent que le temps est venu pour le Canada de signaler à ses alliés qu'il est sérieux quant à l'atteinte de ses objectifs.
"Je ne pense pas que le Canada puisse simplement garder la tête basse et éviter cette question", selon Tim Sayle, historien de l'OTAN et professeur à l'Université de Toronto. Il prévoit que des alliés intensifieront probablement leur pression sur des pays comme le Canada, l'Allemagne, le Danemark et la Belgique, qui sont à la traîne.
Les changements attendus lors du sommet de cette année comprennent de nouveaux plans de défense européens et un plan d'action pour la production en défense, ce qui, selon Jens Stoltenberg, "augmenter la capacité et facilitera la collaboration".
Les processus d'approvisionnement en matière de défense au Canada sont notoirement longs et souvent semés de controverses, car des acteurs nationaux et étrangers se disputent des contrats lucratifs. ``À certains égards, il pourrait y avoir des solutions intéressantes pour que le Canada travaille avec d'autres alliés dans le domaine du développement et de l'approvisionnement. Le problème que nous rencontrons est que l'approvisionnement est une partie importante de la politique intérieure», selon le professeur Sayle.
Lors d'un briefing précédant l’ouverture du sommet de l'OTAN, de hauts responsables gouvernementaux ont fait remarquer que le gouvernement du Canada avait augmenté les dépenses de défense de 70 % depuis 2014. Lundi, le premier ministre Trudeau a annoncé son intention de dépenser 2,6 milliards $ sur trois ans pour renforcer la présence canadienne dans la région orientale de l'OTAN en transformant un groupement tactique multinational dirigé par le Canada en Lettonie en une brigade d'ici 2026.
Le gouvernement Trudeau a aussi promis environ 40 milliards $ pour la modernisation du Commandement de la défense aérospatiale de l'Amérique du Nord (NORAD), ainsi que des milliards d’autres dollars pour l'achat d'avions de chasse F-35 et la construction de nouveaux navires de guerre.
Tout cela augmentera le montant que le pays dépense.
Dans un communiqué publié lundi, le porte-parole du Parti conservateur (PCC) en matière de Défense nationale, James Bezan, et le porte-parole conservateur en matière d'affaires étrangères, Michael Chong, ont fait valoir que le rôle du Canada en tant que partenaire de confiance et fiable avait diminué. "Nos troupes ont du mal à faire le travail que leur pays leur demande en raison de pénuries de personnel et d'un manque d'équipement", indique le communiqué. «Le premier ministre Trudeau a l'occasion, au sommet de Vilnius, de s'engager à remédier à cette négligence.»
Sarah Ritchie, La Presse Canadienne