Mot-clic misogyne dans des vidéos de Poilievre: les libéraux demandent une enquête
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Par La Presse Canadienne, 2022
OTTAWA — Les libéraux de Justin Trudeau demandent une «enquête approfondie» sur le recours à un mot-clic caché faisant référence à des mouvements misogynes dans des vidéos de Pierre Poilievre.
Dans une missive détaillant cette requête adressée au président de la Chambre des communes, Anthony Rota, la députée Jennifer O'Connell affirme chercher à savoir si des règles parlementaires ont été violées.
«Je demande donc que votre bureau, en collaboration avec le Bureau de régie interne, mène une enquête approfondie sur l'utilisation de longue date par M. Poilievre de mots-clés misogynes sur les médias sociaux et sur toute violation potentielle du Manuel des allocations et services aux députés qui en résulterait, notamment pour déterminer si M. Poilievre et son personnel ont utilisé des ressources parlementaires pour enregistrer, téléverser et diffuser ces vidéos troublantes», peut-on lire.
Les libéraux soutiennent que l'emploi du mot-clic caché #mgtow - un acronyme pour «Men Going Their Own Way», qui signifie «Les hommes suivent leur propre chemin» - a été fait délibérément par M. Poilievre.
«Les Canadiens méritent des réponses quant à l'étendue réelle de cette campagne en ligne délibérée», fait valoir Mme O'Connell dans sa lettre.
Le codage #mgtow aide à faire la promotion des vidéos dans les réseaux de ce mouvement composé d'antiféministes qui veulent retirer les femmes de leur vie. Le réseau Global a récemment révélé que le mot-clic caché était rattaché aux 50 dernières vidéos Youtube du nouveau chef conservateur.
Le bureau de M. Poilievre a affirmé que le chef de parti «ignorait l’existence de ces balises intégrées». Il a indiqué qu'elles avaient été «mises en place et automatisées» afin d'accompagner chaque vidéo «au cours des quatre dernières années et demie».
«Les balises intégrées ont été immédiatement supprimées dès que son bureau en a eu connaissance. Il est évident que M. Poilievre condamne la misogynie et toutes les formes de haine en ligne», avait-on ajouté dans une déclaration écrite transmise à La Presse Canadienne quand l'affaire a fait surface.
- Avec des informations de Michel Saba
Émilie Bergeron, La Presse Canadienne