Mort tragique de Normand Meunier: l'opposition réclame une enquête indépendante
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Par The Canadian Press, 2024
QUÉBEC — L'opposition à l'Assemblée nationale réclame une enquête indépendante sur le décès tragique de Normand Meunier.
En janvier dernier, l'homme tétraplégique de 66 ans s'est rendu à l'hôpital de Saint-Jérôme pour traiter un virus respiratoire. Il a développé une plaie de pression majeure au fessier, et le 29 mars, a recouru à l'aide médicale à mourir pour mettre fin à ses souffrances.
Mercredi, des représentants du Parti libéral du Québec (PLQ), de Québec solidaire (QS) et du Parti québécois (PQ) ont crié à la maltraitance, qualifiant en point de presse la mort de Normand Meunier de «vraie honte» pour le Québec.
Ils se sont par ailleurs dits insatisfaits de l'enquête interne déclenchée par le CISSS des Laurentides, celui-là même «qui est à la base du fiasco», selon le député solidaire Vincent Marissal.
«Normalement, on n'enquête pas sur soi-même (...) quand on est responsable d'un fiasco, a-t-il signalé. Nous devrions avoir une enquête indépendante, parce que ce qui s'est passé là, c'est (...) absolument honteux dans une société comme la nôtre», a-t-il dit.
«Ce n'est pas vrai qu'on va juste pousser ça sous le tapis, faire comme s'il ne s'était rien passé», a ajouté M. Marissal, qui réclame que des «excuses officielles» soient en outre présentées à la veuve de M. Meunier, Sylvie Brosseau.
Cette dernière, très émotive, a déclaré lors du point de presse vouloir poursuivre «le combat» et s'assurer que son conjoint ne soit pas mort «en vain». «Il y a d'autres personnes qui sont très souffrantes dans les hôpitaux présentement. (...) Il faut s'en occuper», a-t-elle dit.
La députée libérale Elisabeth Prass a fait valoir qu'«on a une responsabilité comme société de s'occuper de nos plus vulnérables» et rappelé que jamais l'aide médicale à mourir ne devrait remplacer les soins.
«Ce qui est arrivé à M. Meunier aurait pu être évité (...) s'il y avait eu des matelas adaptés, (...) des professionnels pour le déplacer, a-t-elle souligné. Entrer à l'hôpital pour soigner une maladie puis en sortir avec une autre, c'est vraiment tragique.»
«Les personnes qui souffrent d'un handicap, est-ce qu'elles reçoivent les soins appropriés?» a demandé le péquiste Joël Arseneau.
«Est-ce qu'on peut parler de maltraitance institutionnelle de façon très anecdotique, ou est-ce qu'au contraire, il y a des cas comme ça qui peuvent se produire au moment même où on se parle aujourd'hui?»
Walter Zelaya, de Moëlle épinière et motricité Québec, s'est dit persuadé, mercredi, que l'on fait face à un «problème systémique». Il insiste sur la nécessité d'une enquête indépendante.
«Au moment où on se parle, on a plus de 50 cas que nous avons répertoriés avec des situations problématiques, juste en lien avec les plaies de pression», a-t-il signalé, précisant que ces «personnes, heureusement, ne sont pas encore décédées».
Interpellé dans les corridors de l'Assemblée nationale, le ministre de la Santé, Christian Dubé, a réitéré qu'il trouve «totalement inacceptable» que M. Meunier soit mort dans ces circonstances.
Le ministre promet d'étudier le dossier. «Je vais tout faire en mon possible pour avoir l'enquête qui est appropriée», a-t-il dit. Par ailleurs, «si (Mme Brosseau) veut que je lui parle, je vais le faire certainement», a-t-il ajouté.
Caroline Plante, La Presse Canadienne