Michaël Chicoine plaide coupable aux deux meurtres prémédités de ses garçons
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Par La Presse Canadienne, 2022
Michaël Chicoine, 32 ans, de Wendake, a plaidé coupable mercredi du meurtre prémédité de ses deux garçons, qu’il avait déjà admis avoir tués en les étouffant avec un oreiller en octobre 2020.
Le juge François Huot, qui a eu des mots très durs à son endroit, n'a pas tardé à endosser la suggestion commune de la défense et de la poursuite et l'a aussitôt condamné à la prison à vie sans possibilité de libération conditionnelle avant 16 ans et 6 mois, une échéance qui sera comptabilisée à partir de la date de son incarcération en octobre 2020.
Ce plaidoyer vient donc mettre un terme aux procédures judiciaires avant la tenue du procès, qui devait s’amorcer en janvier prochain devant juge et jury.
Sa capacité de comprendre les procédures a dû être confirmée par une psychiatre à la demande du juge Huot, Michaël Chicoine ayant un historique chargé de problèmes de santé mentale.
Des photos des victimes envoyées à leur mère
Dans les minutes suivant le double meurtre, Chicoine avait envoyé des photos des deux enfants, inertes dans leur lit, à sa propre mère ainsi qu’à la mère des enfants, Émilie Arsenault, de qui il était séparé depuis près de deux ans.
La mère du meurtrier avait aussitôt communiqué avec les policiers, mais ceux-ci n’avaient pu que constater les décès d’Alex, deux ans et d’Olivier, cinq ans.
L’infanticide s’était produit dans un contexte de conflit entourant la garde des enfants.
Violence en pleine Cour
Depuis le double meurtre, la santé mentale de l’accusé a fait l’objet de discussions à répétition, alors qu’il était connu qu’il cherchait à être déclaré non criminellement responsable pour cause de troubles mentaux.
À quelques reprises, lors de procédures préliminaires, il avait insulté et menacé les juges impliqués et fait un geste méprisant envers son ex-conjointe. Plus récemment, en octobre, en pleine audience, il avait violemment agressé deux constables, dont un avait été blessé après avoir mis de longues minutes à le maîtriser. Il avait également agressé un agent correctionnel à la prison où il était détenu.
Malgré ces démonstrations inquiétantes, il avait été jugé apte à subir son procès.
Poursuite de 2 M$ de la mère
L’affaire a fait grand bruit à travers le Québec dans la foulée du décès d’une fillette de sept ans, à Granby, car là aussi la Direction de la protection de la jeunesse (DPJ) avait été alertée, et ce, à au moins trois reprises, mais n’était pas intervenue.
Émilie Arseneault poursuit le gouvernement du Québec pour deux millions de dollars. Elle reproche à la DPJ de ne pas avoir agi malgré le fait que l’agence ait été contactée à trois reprises avant le décès de ses enfants, une information qu’avait confirmée le ministre responsable de la protection de la jeunesse, Lionel Carmant.
Pierre Saint-Arnaud, La Presse Canadienne