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Manifestation contre le PL 96: le Bloc se «radicalise», contre-attaque Rodriguez

durée 08h49
18 mai 2022
La Presse Canadienne, 2022
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Par La Presse Canadienne, 2022

OTTAWA — Les libéraux fédéraux sont passés à l'offensive mercredi en accusant le Bloc québécois de se «radicaliser» lorsqu'ils étaient encore appelés à justifier le message qu'envoie la présence de certains des leurs à la manifestation de samedi sur le projet de loi 96.

«On parle de députés québécois élus par d'autres Québécois qui vont marcher dans leur propre ville. Alors, je pense que là-dessus le Bloc se radicalise un peu», a renvoyé le ministre du Patrimoine canadien, Pablo Rodriguez, à l'entrée du caucus de sa formation.

M. Rodriguez réagissait ainsi aux propos du leader parlementaire du Bloc québécois, Alain Therrien, qui déclarait lundi qu'il est «inadmissible» qu'un «contingent important» de députés du Parti libéral du Canada ait pris part à la manifestation.

Les bloquistes trouvent «inadmissible» qu'un «contingent important» de députés du Parti libéral du Canada soit allé manifester samedi à Montréal. Selon M. Therrien, les libéraux ont alors envoyé le message qu'«il n'y a pas de problème du français au Québec, (que) la protection du français, elle est peut-être même exagérée».

M. Rodriguez a assuré mercredi être «100 %» certain qu'«il n'y a pas un député» de sa formation ne qui ne croit pas que le français est menacé et qu'il doit être davantage protégé.

Le premier ministre Justin Trudeau a pour sa part indiqué que son gouvernement protégera les minorités francophones du pays et «la minorité linguistique anglophone à l'intérieur du Québec».

«Les députés sont là pour représenter leurs communautés, a-t-il dit. Ils font leur choix par rapport à souligner les préoccupations. C'est une liberté qu'ils ont et qu'on va toujours respecter», a-t-il répondu lorsqu'il s'est fait demander si les députés qui manifestaient avaient son approbation.

Le ministre des Relations Couronne-Autochtones et député de la région de Montréal, Marc Miller, a indiqué être préoccupé par «l'impact que ça (le projet de loi 96) peut avoir sur les minorités (...) entre autres la minorité anglophone qui a des droits au Québec».

«De casser du sucre sur le dos des anglophones et des autochtones au Québec, c'est pas la façon de faire et ce n'est pas la façon de faire la promotion du français au Québec», a-t-il ajouté.

Son collègue François-Philippe Champagne, ministre de l’Innovation, des Sciences et de l’Industrie, a noté que des éléments du projet de loi «ne correspondent pas à la volonté de plusieurs Québécois et Québécoises», ajoutant du même souffle que «ce sera à l'Assemblée nationale de faire ce travail-là et d'avoir ce débat-là».

Le gouvernement Trudeau contesterait-il une éventuelle loi 96 devant les tribunaux? «Nous traverserons le pont lorsqu'on arrivera à la rivière», a indiqué en anglais M. Champagne.

Le projet de loi 96 devrait être adopté par l'Assemblée nationale d'ici la fin de la session parlementaire. Il vise à imposer des restrictions plus sévères pour les lieux de travail et les municipalités.

La future loi limitera l'emploi de l'anglais dans les tribunaux et les services publics, renforcera les pouvoirs de saisie et de perquisition de l'Office de la langue française et instaurera un plafond d'inscriptions pour les cégeps anglophones. Les étudiants devront y suivre un plus grand nombre de cours en français.

Le député de Mont-Royal, Anthony Housefather, qui a pris part à la manifestation, avait expliqué lundi que «la minorité anglophone n'est pas responsable pour les menaces au français» et qu'elle «a aussi le droit d'avoir ses droits historiques respectés».

Michel Saba, La Presse Canadienne