Les mauvaises communications sur la COVID-19 ont aussi contribué à animer le «convoi»
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Par La Presse Canadienne, 2023
OTTAWA — Le juge Paul Rouleau souligne aussi dans son volumineux rapport que l'Agence des services frontaliers du Canada a envenimé une situation déjà difficile en gérant de bien mauvaise façon l'annonce de passeports vaccinaux obligatoires pour les camionneurs, au début de l'année dernière, alors que la colère grondait déjà et que de fausses informations circulaient autour de cette pandémie.
Son rapport de plus de 2000 pages, publié vendredi dernier, concluait surtout que le gouvernement libéral fédéral était justifié d'invoquer la Loi sur les mesures d'urgence, l'hiver dernier, pour répondre aux manifestations du «convoi de la liberté» au centre-ville d'Ottawa.
Mais la tâche du juge Rouleau consistait aussi à explorer ce qui avait contribué à la grogne populaire qui a poussé des milliers de Canadiens à envahir les rues autour de la colline du Parlement et à bloquer des passages frontaliers.
Le juge Rouleau a fondé ses conclusions sur des centaines d'heures de témoignages et des milliers de documents soumis en preuve lors des audiences de la Commission sur l'état d'urgence l'automne dernier.
Au-delà des considérations politiques et policières, le rapport final indique aussi que même si l'enquête de la commission n'était pas axée sur la réponse du gouvernement à la COVID-19, les Canadiens ont ressenti de la confusion face aux communications des autorités.
Le juge Rouleau signale ainsi une erreur commise par l'Agence des services frontaliers du Canada le 12 janvier 2022. L'ASFC a publié une déclaration indiquant que les camionneurs canadiens non vaccinés n'auraient pas besoin de se mettre en quarantaine à leur retour au pays.
Or, dès le lendemain, les ministres fédéraux de la Santé, des Transports et de la Sécurité publique ont fait une déclaration indiquant que l’annonce de l’ASFC était erronée et que tous les camionneurs étaient soumis à l’obligation vaccinale, rappelle le commissaire.
«Ce flou dans les messages du gouvernement (...) n’a fait qu’exacerber les sentiments négatifs entourant les nouvelles règles frontalières, écrit le juge Rouleau. Dans certains milieux, "le camionneur" est devenu le symbole des Canadiens qui travaillent fort et qui, malgré leurs contributions à la société, voyaient leur vie et leur gagne-pain bouleversés par la réglementation gouvernementale sur la COVID-19.
«Ce narratif a été un facteur qui a contribué à animer le Convoi de la liberté», estime le commissaire.
La Presse Canadienne