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Les manifestants démantèleront leur campement à l'UQAM d'ici une semaine

durée 07h00
30 mai 2024
The Canadian Press, 2024
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Temps de lecture   :  

3 minutes

Par The Canadian Press, 2024

MONTRÉAL — Les militants qui occupent une partie du campus de l'Université du Québec à Montréal (UQAM) depuis la mi-mai comptent démanteler le campement d'ici une semaine, les manifestants étant satisfaits d'une résolution adoptée mercredi par le conseil d'administration de l'université concernant la situation sur le territoire palestinien et en Israël.

Le groupe de militants «L'Université populaire Al-Aqsa de l’UQAM» (UPA-UQAM) a qualifié de «victoire historique» la résolution adoptée par le conseil d’administration de l’UQAM.

«Par notre occupation et notre courage, on a prouvé que c’est possible d’établir un rapport de force et d’obtenir des gains significatifs. Par cette mobilisation historique, nous envoyons un message clair aux administrations des autres universités. Si vous souhaitez voir la fin des campements, vous devez poser des actes courageux pour cesser toute complicité avec l’État sioniste et les actes génocidaires contre le peuple palestinien», a indiqué jeudi Leila Khaled, étudiante à l’UQAM et porte-parole de l’UPA-UQAM.

Lors d'une assemblée spéciale tenue mercredi, les membres du conseil d’administration de l’UQAM ont adopté à l'unanimité une résolution dans laquelle l'université appelle à un cessez-le-feu immédiat dans la bande de Gaza.

L'université s'engage aussi à «veiller à ce qu’aucune de ses ententes académiques actuelles et futures, dont celles avec des universités israéliennes, n’entre en conflit» avec certains principes, dont la volonté d'œuvrer en démontrant un engagement ferme envers la paix et le respect du droit humanitaire international.

La résolution, qui a été proposée par le recteur de l'UQAM, Stéphane Pallage, demande également à la Fondation de l’UQAM de s’assurer de n’avoir aucun investissement direct dans des fonds ou compagnies qui profitent de l’armement.

Depuis le 12 mai, les manifestants propalestiniens campent dans la cour du Complexe des sciences Pierre-Dansereau, emboîtant le pas à d'autres rassemblements similaires qui ont eu lieu sur des campus ailleurs au Canada et aux États-Unis.

Les participants du campement exigeaient que l'UQAM rompe ses liens avec les institutions israéliennes et révèle l'étendue de ces relations.

Dans un communiqué, l’UPA-UQAM a indiqué qu'elle entend «lever son campement au plus tard le 6 juin 2024, suite à l’adoption des balises concrètes de mise en œuvre du boycottage académique par la Commission des études du 4 juin».

Le groupe a précisé que «notre départ ne signifie pas la fin de notre mobilisation».

La porte-parole Leila Khaled a indiqué que «cette victoire politique doit servir de tremplin pour aller plus loin dans les revendications de l’UPA».

Entre autres revendications, les militants «exigent» que le gouvernement du Québec «prenne acte du génocide en cours et coupe ses liens avec l’État israélien, en commençant par abolir urgemment le Bureau du Québec à Tel-Aviv».

De son côté, l'UQAM avait assuré que sa fondation n'a «aucun investissement dans l'armement», et qu'elle n'a pas non plus «d'entente de mobilité ni d'entente-cadre avec des universités israéliennes».

Plus tôt cette semaine, un juge de la Cour supérieure a accordé à l'UQAM une injonction provisoire forçant les manifestants à apporter plusieurs changements au campement, dont de dégager un espace de deux mètres avec les bâtiments de l'université et de libérer la vue des fenêtres et des caméras de surveillance.

Les manifestants avaient soutenu que ces modifications revenaient à un démantèlement «déguisé».

En vertu de la résolution adoptée mercredi, l'UQAM s'est par ailleurs engagée à faciliter l’accueil d’universitaires palestiniens, dont des étudiants, et à prévoir un budget à cette fin.

Mathieu Paquette et Stéphane Blais, La Presse Canadienne