Les entreprises craignent les impacts de la grève à la Voie maritime du Saint-Laurent
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Par La Presse Canadienne, 2023
MONTRÉAL — Les entreprises canadiennes s'inquiètent déjà des répercussions que pourrait avoir une grève prolongée à la Voie maritime du Saint-Laurent et préviennent que ce deuxième conflit de travail majeur à toucher le secteur canadienne du transport maritime cette année pourrait avoir des impacts sur la période des Fêtes.
Les quelque 360 syndiqués qui travaillent à la Voie maritime ont amorcé une grève à la première heure dimanche, après que des négociations de la dernière chance menées samedi n'ont pas permis au syndicat, Unifor, de s'entendre avec l'employeur, la Corporation de gestion de la Voie maritime du Saint-Laurent.
Rapidement après le déclenchement de ce moyen de pression, la Chambre de commerce du Canada et la Fédération canadienne de l'entreprise indépendante (FCEI) se sont dites très préoccupées par les impacts potentiels de la grève.
Elles ont appelé le gouvernement fédéral à intervenir de toute urgence pour empêcher que le conflit de travail se prolonge comme ce fut le cas l'été dernier avec les ports de la Colombie-Britannique, qui ont été paralysés pendant 13 jours en juillet.
Selon le vice-président aux affaires nationales de la FCEI, Jasmin Guénette, de nombreuses entreprises commencent déjà à prévoir leurs inventaires pour l'importante période des Fêtes — qui s'amorce dans bien des cas en novembre avec le Vendredi fou — de sorte qu'un arrêt de service de plusieurs jours dans le couloir maritime reliant Montréal aux Grands Lacs entraînerait un casse-tête pour bien des commerçants.
Environ 4000 navires circulent dans la Voie maritime chaque année, notamment des cargaisons de céréales, pour un total d'une valeur de 16,7 milliards $ en biens l'année dernière. Le conflit de travail empêchera toute navigation dans cet axe.
Le salaire est le principal point en litige. De l'avis du syndicat, les deux parties sont toujours à «1000 milles nautiques» l'une de l'autre en ce qui concerne cet enjeu.
Dimanche, les négociations étaient interrompues entre les deux camps. Unifor a accusé la partie patronale de s'être retirée de la table peu avant minuit, tandis que la Corporation de gestion de la Voie maritime du Saint-Laurent a répliqué que c'est plutôt le syndicat qui avait quitté la table avant l'heure prévue du déclenchement de la grève.
La Corporation de gestion de la Voie maritime souhaite maintenant qu'une décision soit rendue en vertu du Code canadien du travail pour que le syndicat fournisse des employés pendant la grève afin de s'assurer que les navires participant au transport des céréales puissent continuer de transiter par le système.
Mathieu Paquette, La Presse Canadienne